Aller au contenu principal

Viande : pourquoi la venue de Bruno Le Maire sur l’usine Happyvore a fait réagir ?

La venue du ministre de l’économie Bruno Le Maire lors de l’inauguration de l’usine Happyvore dans le Loiret le 17 mai 2023 et ses propos tenus sur Twitter ont été fustigés par les filières viandes.

Bruno Le Maire, ministre de l'Economie.
En prolongeant le remboursement des PGE de 3 ans, Bruno Le Maire espère atténuer la multiplication des défaillances d'entreprises qui s'annonce.

Bruno Le Maire était présent à Chevilly le 17 mai 2023 pour l’inauguration de l’usine Happyvore, fabricant d’alternatives végétales à la viande. Le site, qui appartenait auparavant au groupe Labeyrie Fine Foods, dotera la jeune société d’une capacité de production de 10 000 tonnes par an, soit quatre fois plus que ses volumes actuels. Pour se donner les moyens de réhabiliter cette usine, Happyvore a réalisé une levée de fonds de 35 millions d’euros, bénéficié du plan France Relance ainsi que du plan protéines de Bpifrance.

Alors que Happyvore avait déjà suscité de vives réactions de plusieurs filières animales à cause de son ancien nom « Les nouveaux fermiers », Bruno Le Maire en a remis une couche sur les réseaux sociaux en qualifiant la PME d’ « exemple parfait de ce que nous voulons construire avec le projet de loi industrie verte : développer une activité économique tout en protégeant la planète ». Mais ce qui a définitivement fâché les filières viandes est un autre poste du ministre sur Twitter qui vante les atouts des protéines végétales. « Le saviez-vous ? 100 g de protéines végétales génèrent de 60 à 90 % de gaz à effets de serre en moins que 100 g de protéines animales ».

Interbev n’a pas tardé à réagir via son président Jean-François Guihard, toujours sur Twitter, qui fait part de la « stupéfaction de l’ensemble des filières » représentées par l’interprofession et accuse Bruno Le Maire d’une prise de position « incompréhensible ». « Dénigrer nos filières animales ne favorise en rien la souveraineté alimentaire de la France », écrit-il sur le réseau social. « Il n’est pas du rôle d’un ministre de l’économie de cliver la société. Nous avons besoin de protéines végétales ET animales », a réagi Culture Viande sur Twitter.

La CFBCT a de son côté fustigé la visite du ministre de l’usine Happyvore, s’interrogeant si le ministre de l’économie était devenu « le nouveau fossoyeur de la filière viande française ». « Quelle image offre l’ancien ministre de l’Agriculture aux 500 000 Français qui travaillent dans la filière viande, alors que les éleveurs et artisans bouchers français subissent depuis plusieurs années les campagnes anti-viande, déroulant le « tapis rouge » aux produits industriels ultra-transformés ? », déplore la CFBCT dan une lettre ouverte.

Pour ne rien arranger, ce 17 mai 2023 coïncidait avec la dernière journée de l’édition 2023 des rencontres Made In Viande. La CFBCT regrette l’agenda de Bruno Le Maire, estimant qu’il avait « mieux à faire que visiter l’usine de l’entreprise Happyvore », mais invite néanmoins le ministre « à pousser la porte d’une boucherie pour tailler une bavette ».

Un approvisionnement local

Si Happyvore a choisi de s’implanter dans le Loiret, c’est bien parce que la région est connue pour être un bassin céréalier de taille, avec de nombreuses cultures de légumineuses, afin de s’approvisionner localement. La société a mis un point d’honneur à travailler sur l’efficience énergétique, notamment en optimisant l’isolation et en s’équipant d’un récupérateur de chaleur. D’une surface de 4500 mètres carrés, le site correspond dorénavant à la plus grande usine dédiée aux produits simili-viande, égalant son concurrent Accro.

Les plus lus

troupeau de vaches dans les prairies du Montana
Les agriculteurs américains soulagés du report des droits de douanes pour le Mexique et le Canada

Le secteur agricole américain pourrait bien être la principale victime de la guerre commerciale de Donald Trump, comme lors de…

vache charolaise dans un pré
La vache lait O dépasse les 5 €/kg, les prix des jeunes bovins se calment

Les prix des bovins ont gagné 14,5 % en un an, et la hausse pourrait bien continuer, car si les prix des JB semblent marquer…

LES ÉTATS-UNIS PREMIER EXPORTATEUR AGRICOLE ET AGROALIMENTAIRE, infographie parue dans Les Marchés Mag de juin 2023
États-Unis : ce qu'il faut savoir du premier exportateur agricole et agroalimentaire en une infographie

Leader du marché mondial agricole et agroalimentaire, qu'est ce qu'exportent les États-Unis ? Quelles sont les productions…

image d'un rayon oeuf vide
Flambée des prix des œufs en France, est-ce la faute des États-Unis ?

Alors que la pénurie d’œufs aux États-Unis et les prix exorbitants des œufs à New York ont défrayés la chronique, la hausse…

agneaux et brebis en bergerie
Les prix des agneaux de nouveau au-dessus de 10 €/kg, des records probables pour Pâques

Les prix des agneaux progressent de nouveau, à un mois de Pâques, temps fort de consommation de la viande ovine, qui résiste…

des poules oranges
Prix des poules de réforme – Cotation réalisée le 28 mars 2025

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio