Droits de douane des États-Unis : quelles perspectives pour les échanges agricoles
Le président américain a annoncé, comme prévu, le 2 avril, une volée de droits de douane qui n’épargnent aucun pays ni aucun produit agricole.
Le président américain a annoncé, comme prévu, le 2 avril, une volée de droits de douane qui n’épargnent aucun pays ni aucun produit agricole.

À partir de samedi 5 avril, les produits importés par les États-Unis seront imposés d’un droit de douane supplémentaire de 10 %. Le 9 avril, les régimes vont évoluer selon les pays. Pour l’Union européenne, la surtaxe sur-mesure est annoncée à 20 %.
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Le vieux continent ne s’en sort pas trop mal si l’on considère les 34 % attribués à la Chine, en plus des surtaxes déjà imposées plus tôt dans l’année, les 46 % pour le Vietnam, 27 % pour l’Inde, 47 % pour Madagascar. Les surtaxes peuvent aller jusqu’à 50 % (Lesotho et Saint-Pierre-et-Miquelon).
- Quels sont les produits agricoles les plus concernés en France par les taxes Trump ?
- Quels pays sont exemptés des taxes Trump ?
- Comment l’administration Trump a-t-elle calculé ces taxes ?
- Quels produits sont exemptés des surcharges ?
- Y-a-t-il d’autres taxes à craindre ?
Quels sont les produits agricoles les plus concernés en France par les taxes Trump ?
Les produits agricoles européens seront donc taxés à 20 % aux États-Unis. Donald Trump avait auparavant évoqué une taxe de 25 % puis de 200 % sur les vins et spiritueux.
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Avec 5,42 milliards d’euros en 2023, les États-Unis étaient la sixième destination des exportations françaises de produits agricoles et alimentaires. C’est notre second client hors UE. Le pays de Donald Trump représentait environ 6 % du chiffre d’affaires export de l’agroalimentaire de la France. Les vins et spiritueux comptent pour la moitié de nos envois, devant les produits d’épicerie et les produits laitiers.
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L’Élysée a annoncé recevoir les représentants des industries les plus affectés par la guerre commerciale dans la journée.
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Quels pays sont exemptés des taxes Trump ?
Pour le moment, le Mexique et le Canada ne sont pas concernés, et restent sous un régime à part, avec déjà des surtaxes. Même l’Argentine de Javier Milei, très proche de Donald Trump, est touchée d’une surtaxe de 10 %, comme le Royaume-Uni. Les pays achetant du pétrole au Vénézuéla seront aussi surtaxés de 25 %, ce qui concerne a priori la Chine, Singapour, l’Inde et le Vietnam.
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Comment l’administration Trump a-t-elle calculé ces taxes ?
Ces nouveaux droits de douane sont censés, selon l’administration Trump, « refléter les barrières que les pays ont érigées contre les produits américains ». Selon les calculs du New York Times, la formule est en réalité assez simple. L’administration Trump a divisé le déficit commercial des États-Unis envers un pays par ses importations en provenance du pays. Ce résultat, divisé par deux donne le taux de surtaxe.
Quels produits sont exemptés des surcharges ?
La Maison Blanche précise que l’acier, l’aluminium et les voitures sont visés par un régime à part. Ne sont pas concernés par ces taxes : les lingots d'or, les produits énergétiques et les minéraux introuvables sur le sol américain. Les produits pharmaceutiques (la plupart importés d’Inde), les semi-conducteurs, le cuivre, le bois de construction ne sont pas concernés mais pourraient rapidement l’être. Aucun produit agricole ne figure dans la liste, pas même les œufs. Pour autant, le bureau de l'USDA à Bruxelles a tenté de rassurer les opérateurs européens de l'œuf qui étaient prêts à exporter, évoquant de possibles exemptions sur certains produits agricoles dont les États-Unis ont le plus besoin.
Y-a-t-il d’autres taxes à craindre ?
Une proposition fédérale vise à taxer de 1,5 million de dollars tout arrêt dans un port américain d’un navire construit en Chine, quel qu’en soit le pavillon. 38 % de la flotte commerciale est composée de navires construits en Chine. Pour prévenir des débarquements au Canada et au Mexique puis des transbordements par camion, une taxe frontalière est aussi prévue. De telles taxes pourraient réellement rebattre les cartes du commerce international et, s’ajoutant aux surtaxes « réciproques » annoncées ce jour, renchérir davantage les exportations vers les États-Unis.