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Filière viande : les restructurations marquantes du premier semestre 2024

La restructuration des abattoirs a continué au fil du premier semestre, et le maillon suivant, ateliers de découpe et chaînes de boucherie, accuse aussi le coup avec des mouvements de consolidation. AIM Antrain a été placé en liquidation judiciaire, comme l'abattoir de Saint-Affrique mais un peu d'espoir du côté de Quintin pour une nouvelle aventure. En boucheries, ça bouge chez Novoviande, Despinasse et les Boucheries Nivernaises.

Quartiers de viande à l'abattoir
Sur le premier semestre 2024, plusieurs abattoirs ont dû fermer leurs portes et on a observé un mouvement de consolidation dans les boucheries.
© Virginie Pinson

Mis à jour 1er octobre 2024

L’arrêt de l’activité de Quintin Viandes a secoué le monde de la viande. Ses dirigeants, charismatiques étaient engagés dans la filière. Et autour de Saint-Brieuc, c’est la sidération.

« Ils pensent au bien-être animal mais ne regardent plus l’humain »

 « C’est rare, un arrêt qui n’est pas économique. Nous n’avons aucun impayé. Mais la pression exercée par la DDPP a miné la santé de plusieurs personnes, dont mon épouse. Ils pensent au bien-être animal mais ne regardent plus l’humain », déplore Henri Thébault, qui dirigeait la société avec son épouse depuis 2001. 

Concurrence entre abattoirs pour les volumes et la main d’œuvre

Autre difficulté, « la concurrence déloyale des abattoirs communautaires. Ils sont renfloués par l’argent public, le budget de fonctionnement n’est pas à l’équilibre, et viennent nous concurrencer auprès des éleveurs mais aussi de nos employés » conteste le dirigeant. Mais l’arrêt laisse un trou, « il y a un réel besoin sur les circuits courts, que ni Rostronen ni Lannion ne peuvent absorber, un nouveau projet est en cours », explique Henri Thébault, continuant, « L’agglo de Saint-Brieuc est partie prenante sur le foncier et louerait à un collectif composé d’éleveurs et de bouchers. Le but est de redémarrer au plus vite les chaînes porc et mouton. Pour les bovins, il faudra aller à Socopa Guingamp le temps de reformer une équipe ». Pour la salle de découpe et la boutique attenante, construites il y a seulement trois ans, d’autres opérateurs sont intéressés par un rachat. 

Lire aussi : Viande : « Il faut redonner à tous les maillons de la chaîne des leviers de compétitivité » 

Liquidation pour AIM Antrain et de l’abattoir de Saint-Affrique

Plus au sud, c’est la liquidation de la SAS Abattoir Sud-Aveyron Saint-Affrique qui a été prononcée le 25 juin. 33 salariés sur le carreau. Cet outil, repris en octobre dernier, avait perdu son agrément sanitaire en mars dernier. En cause, aux dires de la presse locale, la mauvaise gestion des repreneurs.

Coup dur à Antrain

Autre maillon, un peu plus aval, la liquidation judiciaire de l’atelier de découpe AIM d’Antrain a été confirmée le 19 juillet, faute d’un repreneur. Appartenant à Charal, l’ancien abattoir était devenu l’un des sites de l’entreprise AIM (Abattoir industriels de la Manche). Il a ensuite appartenu au groupe Collet puis au groupe belge Sopraco. Cette fois, le manque de volume n’est pas en cause puisqu’en 2023 AIM Antrain a abattu 14 980 bêtes pour un quota de 15 000, rapporte la presse locale. L’activité d’abattage s’est arrêtée en novembre à la demande l’État, les travaux de mises aux normes étaient estimés 8 à 10 millions d’euros, trop pour Sopraco. L’entreprisse a bénéficié de plusieurs aides, dont des financements publics ces dernières années, mais les 60 emplois disparaissent. 

Charal à Sablé-sur-Sarthe en restructuration

Le 5 octobre, nous apprenions aussi par Ouest France la restructuration de l'abattoir Charal de Sablé-sur-Sarthe, le journal évoque une menace sur 200 emplois, sur les 300 du site. La direction reconnaît la restructuration, mais les emplois seraient préservés. L'abattoir cesserait son activité bovine pour, peu à peu, devenir une plateforme logistique. 

Oloron dans la tourmente

A Oloron, l’abattoir du Haut-Béarn avait annoncé devoir fermer ses portes cet été, faute de main-d’œuvre. Mais il semble que ce soit l’arbre qui cache la forêt si l’on en croit la lettre ouverte du directeur de l’abattoir, remercié en juin. Harcèlement, favoritisme, décisions hasardeuses, faillite en vue, la situation paraît complexe mais l'abattoir devrait pourtant rouvrir ses portes la semaine prochaine, le 1er aout. Pas si loin, à Bagnères de Bigore, la CCHB a annoncé une fermeture technique ce début octobre. Alors que l'abattoir accumule les dettes, les craintes sont fortes. 

Lire aussi : Porc : à la Cooperl, le calme est-il revenu ?

Ce n’est peut-être que la partie émergée de l’iceberg. Dans une note récente, l’Iddri estime que 20 % des outils d’abattage pourraient fermer d’ici 2035, causant la perte de 14,5 % des emplois du secteur

A Chaumont, la SCIC Coop Viandes de Haute-Marne a un abattoir flambant neuf

Il reste néanmoins encore des bonnes nouvelles dans le secteur. A Chaumont (Haute-Marne), mettant fin à 20 ans d’attente, l’abattoir départemental a été inauguré le 12 juillet. Il prendra le relai de son prédécesseur en bout de course fin septembre. L’outil aura couté 8 millions d’euros, et le Département (4,7 millions) et l’État (1,5 million) auront été les contributeurs majeurs. La gestion en est confiée à la SCIC Coop Viandes de Haute-Marne, et par délégation de service public pour une durée initiale de 5 ans. Il a une capacité initiale de 800 tonnes par an, extensible à 1500 tonnes. Même bonne nouvelle à Auch, où la chaîne porcin, ovin et caprin devrait être opérationnelle courant octobre après un investissement de 1,7 million d'euros.

Consolidation du côté des boucheries

Le 27 juin, on apprenait que les Boucheries Nivernaises accueillent désormais Beaugrain, société implantée sur le Min de Rungis qui réalise 10 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les grossistes rassemblent leurs forces dans ce contexte inflationnistes et alors que le secteur de la RHD n’a pas encore retrouvé les volumes d’avant Covid.

Du mouvement dans les boucheries de Grand Frais

 En parallèle, Prosol (Grand Frais) rachetait, après 3 ans de discussions, le réseau de boucheries francilien Novoviande. 39 des 41 boucheries du groupe –qui possède aussi une activité sur Rungis– sont implantées dans des magasins Grand Frais. Dans le même temps, selon l’Informé, c’est Despinasse qui cherche à céder ses le contrôle de ses boucheries installées dans les 315 autres Grand Frais de France.

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