Gestion
Attentiste ou précurseur, quel dirigeant êtes-vous ?
Bpifrance Le Lab a identifié trois profils de dirigeants de PME et ETI sur les transformations digitale, environnementale et sociétale, et donne des pistes pour évoluer.
Bpifrance Le Lab a identifié trois profils de dirigeants de PME et ETI sur les transformations digitale, environnementale et sociétale, et donne des pistes pour évoluer.

Dans une étude parue récemment, et téléchargeable en ligne, Bpifrance Le Lab a tenté d’identifier le profil du dirigeant de PME-ETI aujourd’hui. Trois profils ont été établis. Les attentistes, qui ne sont pas acteurs face aux transformations, que ce soit par conviction qu’elles ne sont qu’un effet de mode ou de manière subie, faute de temps et de repères. Les empiriques engagent des actions ponctuelles pour s’adapter aux changements, ils expérimentent pour trouver la solution la mieux adaptée à leurs besoins. Et enfin, les précurseurs sont dans l’action et considèrent que les mutations sont autant d’opportunités pour leur entreprise. Ils anticipent et structurent leurs projets.
Des profils qui ne conditionnent pas la performance économique
D’emblée, Bpifrance Le Lab précise que les attentistes ne sont pas des mauvais gestionnaires. D’ailleurs, profil du dirigeant et évolution de l’excédent brut d’exploitation ne sont pas liés et des attentistes dirigent des entreprises en bonne santé. « En revanche, nous avons la conviction que ces dirigeants passent à côté d’opportunités de développement et se mettent potentiellement en risque à 3-5 ans », nuancent les auteurs.
Appartenir à un profil n’est pas non plus une fatalité, et c’est justement pour faire évoluer les mentalités que l’organisme propose des actions adaptées. Un attentiste peu devenir empirique en s’ouvrant davantage vers l’extérieur, en échangeant avec ses pairs puis en testant des petites actions en interne sur des périmètres restreints. Un empirique pourra devenir précurseur s’il structure ses actions, travaille sa vision et hiérarchise ses chantiers avant d’amplifier le passage à l’action. Enfin, pour les précurseurs, l’enjeu est différent, il s’agit de ne pas perdre une partie de ses collaborateurs en chemin. Les équipes doivent être impliquées dans le déploiement de la stratégie et le collectif doit être renforcé.
Des attitudes différentes selon les enjeux
Un dirigeant peut être globalement empirique, mais plus ou moins avancé sur un sujet en particulier. Bpifrance Le Lab a retenu quatre thématiques : l’attraction et la fidélisation des talents ; la transformation digitale ; la responsabilité sociétale (RSE) et l’usage des réseaux sociaux. C’est sur le sujet de la transformation digitale que le plus de dirigeants sont attentistes (39 %), tandis qu’ils ne sont que 18 % sur la RSE. L’attraction et la fidélisation des talents sont à l’inverse le thème qui compte le plus de précurseurs (21 % des dirigeants).
L’état d’esprit des dirigeants dépend aussi du secteur. Ainsi, dans le commerce de gros, les dirigeants sont moins avancés sur les sujets numériques. Les dirigeants de l’industrie sont quant à eux moins familiers avec l’usage des réseaux sociaux. En revanche, ils sont plus souvent précurseurs que la moyenne en ce qui concerne l’attraction et la fidélisation des talents, un point noir dans le secteur. Émaillé de témoignages de dirigeants de PME et ETI, le document mis à disposition par Bpifrance Le Lab liste quelques actions prioritaires pour passer d’un profil à l’autre sur ces thématiques.