En Bretagne, quelles filières agroalimentaires ont le plus à perdre des droits de douane des États-Unis
Au niveau national, c’est bien sûr la filière vins et spiritueux qui a le plus à perdre de la guerre commerciale que mène Donald Trump. En Bretagne en revanche, le tableau est différent et ce sont des entreprises de la boulangerie pâtisserie et de la transformation de légumes qui ont fort à perdre.
Au niveau national, c’est bien sûr la filière vins et spiritueux qui a le plus à perdre de la guerre commerciale que mène Donald Trump. En Bretagne en revanche, le tableau est différent et ce sont des entreprises de la boulangerie pâtisserie et de la transformation de légumes qui ont fort à perdre.

La Bretagne, a exporté 5,4 milliards d’euros de produits agricoles et agroalimentaires en 2024. Le flux commercial vers les États-Unis n’était que de 113 millions d’euros, soit 2 % du total, selon les données de la Chambre d’agriculture de Bretagne.
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Le lait breton risque peu des taxes Trump
« Contrairement à ce qu’on voit au niveau européen, les entreprises laitières bretonnes sont assez peu exposées au risque des droits de douane voulus par Donald Trump », explique Delphine Scheck, chargée de mission Économie à la Chambre d’agriculture de Bretagne.
« Contrairement à ce qu’on voit au niveau européen, les entreprises laitières bretonnes sont assez peu exposées au risque des droits de douane voulus par Donald Trump »
Les États-Unis pèsent, en effet, pour moins de 1 % des exportations en valeur des entreprises laitières bretonnes. « Les exportations de produits laitiers de la Bretagne résistent, mais elles sont orientées vers d’autres marchés, la part des États-Unis n’a cessé de baisser ces dernières années », précise la chargée de mission, avançant « la Bretagne a une qualité et une force de frappe reconnue sur le marché mondial qui lui a permis de s’installer sur de nouveaux marchés, ce qu’on avait déjà vu après le Brexit ».
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Les USA importent surtout des fromages (notamment brie, emmental, fromage type Saint Paulin), des yaourts, des caséinates et un peu de beurres conditionnés à forte valeur ajoutée, selon un article récemment paru dans Réussir Lait.
Les soupes et la pâtisserie très concernées
Le poids des États-Unis est plus fort sur les légumes et préparations à base de fruits et légumes, à 6,25 %. Au sein de cette catégorie, ce sont notamment les échalotes qui sont concernées, mais aussi les jus de fruits et légumes puisque le poids des États-Unis atteint 30 % en valeur. Ce sont en particulier des soupes fabriquées par une entreprise bretonne qui sont très appréciées outre-Atlantique.
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Autre secteur breton qui pourrait bien être pénalisé par les taxes voulues par Donald Trump, celui des biscuits, pains et pâtisseries dont 10,1 % du chiffre d’affaires export est réalisé aux États-Unis, une part qui monte à 12,5 % sur les pains, pâtisseries et viennoiseries fraîches. Plusieurs entreprises du secteur, interpellées par nos soins, n’ont pas souhaité s’exprimer pour le moment.
Une guerre commerciale n’est jamais une bonne nouvelle
Même si plusieurs filières agricoles bretonnes semblent a priori épargnées par les droits de douane que veut instaurer le président Trump, il faut rester prudent. Car les produits exportés outre-Atlantique à partir d’autres régions ou autre pays pourraient bien encombrer les marchés tenus par les Bretons.
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Quels sont les principaux partenaires commerciaux de l’agroalimentaire breton ?
« Les principales destinations export de l’agroalimentaire breton sont européennes, des pays avec le risque de guerre commercial est donc improbable » explique Delphine Scheck. Le premier client de la Bretagne était ainsi en 2023 l’Italie, devant l’Espagne, la Belgique et l’Allemagne. Premier pays-tiers et donc à la cinquième place, on trouve le Royaume-Uni, devant les Pays-Bas. La Chine est la septième destination, « mais les envois sont en chute libre, ils ont reculé de 18 % entre 2022 et 2023, principalement à cause du ralentissement des achats chinois en produits de porc après la reconstitution du cheptel qui avait été frappé par la fièvre porcine africaine », précise la spécialiste.