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Agrial veut se faire une place sur la scène internationale

Dans un contexte agricole difficile, le groupe a réussi à tirer son épingle du jeu grâce à ses activités agroalimentaires. Avec un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards d’euros, le groupe souhaite encore grandir dans le lait, les légumes ou la viande.

En 2016, le groupe Agrial a dépassé les 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et ce, malgré un contexte agricole difficile. « La crise laitière dure, et elle est doublée par une moisson très difficile. Cela se ressent chez nos adhérents. C’est 150 millions d’euros en moins dans les exploitations de nos adhérents », confie Arnaud Degoulet, président du groupe coopératif. Le groupe s’en sort grâce à ses activités agroalimentaires. « Ce contexte agricole ne se voit pas trop sur la partie groupe », reconnaît le directeur général, Ludovic Spiers.

Le groupe a en effet vu son chiffre d’affaires progresser de 8 % à 5,160 milliards d’euros, son excédent brut d’exploitation de 4,6 % à 212 millions d’euros, son résultat net de 20,1 % à 62,7 millions d’euros et sa marge brute d’autofinancement de 8,4 % à 173,6 millions d’euros. « Ses résultats se font beaucoup grâce à l’agroalimentaire et à l’international », précise le directeur général. « On revendique notre rôle de coopérative multispécialiste. Le groupe va bien parce qu’il est diversifié », ajoute son président.

Des haricots verts frais produits en Afrique

Une branche a particulièrement bien résisté l’année dernière, celle des légumes. « La rentabilité est au rendez-vous et explique en grande partie celle du groupe », reconnaît Ludovic Spiers. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros, dont 50 % à l’étranger, contre 1,08 milliard en 2015.

L’intégration de la société néerlandaise Van Oers a participé à ce développement. La société permet à Agrial de développer son offre de haricots verts au rayon frais sous la marque Priméale, des haricots verts produits en Afrique à contre-saison et en Europe en saison. Ces nouvelles gammes sont commercialisées en France et en Espagne. « La gamme a été lancée en octobre. Le démarrage est bon, voire très bon. Nous allons mettre des moyens importants cette année », indique Ludovic Spiers.

Van Oers apporte un chiffre d’affaires supplémentaire de 250 millions d’euros à l’activité 1re gamme de la branche légumes.

« Notre objectif est de développer le haut de gamme. Nous avons repris l’activité en juillet 2015. L’année 2016 a été la première année de prise en main. Nous allons développer la production qui doit se faire en Afrique en complément des zones de production en France. Et Florette reste en embuscade pour développer quelques légumes en quatrième gamme », détaille-t-il. La branche légumes s’est également agrandie avec la reprise de Jean l’Hourre et de la société britannique Axgro, spécialisée dans la betterave rouge prête à consommer. « Florette commercialise ceux-ci en Angleterre, et on va ramener le savoir-faire en France pour développer cette activité en France », précise Ludovic Spiers.

Développer la branche laitière

Fort de ce développement dans les légumes, Agrial cherche désormais à faire de même pour sa branche laitière et montre de fortes velléités à l’étranger, aux États-Unis, en Allemagne ou encore en Afrique. Grâce à l’intégration d’Eurial et la reprise de la Fromagerie Guilloteau, la branche lait du groupe a vu son chiffre d’affaires passer de 1,754 milliard d’euros en 2015 à 2,012 milliards en 2016. Mais ce n’est pas encore assez pour le groupe. « En lait, nous n’avons pas encore la bonne taille. Par les marques et la rentabilité, nous nous sommes fixé l’objectif de rentrer dans le match », confie le directeur général.

Cela pourrait se réaliser grâce à des alliances avec d’autres coopératives, « cela ne coûte rien », s’amuse Arnaud Degoulet, ou alors par croissance externe, « nous avons les capacités financières de réaliser des croissances externes », ajoute-t-il. « Nous avons des dossiers en cours dans toutes les branches agroalimentaires. Cela pousse très très fort, en lait, on voudrait encore grandir, en légumes, en viande. Depuis la reprise de la société Brient, le téléphone ne cesse de sonner », confie Ludovic Spiers.

Reprise en cours de Senoble Italie

Des rapprochements à venir sont déjà connus, puisque Agrial est en train d’achever l’acquisition de Senoble Italie et sa marque Bonta Viva, un fromage proche de la ricotta. « L’Italie est déficitaire en lait avec une collecte de 15 millions de tonnes. On pourrait envoyer du lait à partir de la France », précise le directeur général.

Concernant la Fromagerie Guilloteau, ces usines arrivent à saturation. Le groupe entend donc construire une nouvelle usine prochainement. L’emplacement n’est pas encore décidé, l’hésitation semble se porter entre l’Afrique, les États-Unis ou l’Allemagne. « Si faire une usine Guilloteau aux États-Unis ou en Allemagne ramène de la valeur, cela a du sens », note Arnaud Degoulet.

Par ailleurs, le continent africain est examiné à la loupe. « Les grandes coopératives du nord de l’Europe sont en Afrique. Nous n’y sommes pas. Il faut aller prendre notre place. Pour nous, cela a du sens. On regarde », ajoute Ludovic Spiers. Aux États-Unis, le groupe observe également de près le marché du lait de chèvre, dont la consommation est en plein développement.

Le projet « Horizon 2025 » présenté en AG le 24 mai

Le projet stratégique « Horizon 2025 » sera développé lors de l’assemblée générale nationale du groupe coopératif, le 24 mai prochain. Il vise à « impulser et organiser le développement d’Agrial à l’horizon d’une décennie, dans un monde en plein bouleversement ». Ce plan doit déboucher sur une feuille de route qui guidera la croissance d’Agrial dans les prochaines années, en y intégrant des enjeux environnementaux, économiques et sociétaux. Agrial souhaite s’organiser pour répondre aux nombreuses attentes sociétales. Le groupe cherchera notamment à faire évoluer ses pratiques agricoles et la conduite de ses filiales. Il veut s’appuyer sur deux leviers forts : l’internationalisation et l’innovation, pour se développer dans les années à venir.

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