Agneau : la dépendance de la France aux importations s’accroît
Les prix des agneaux ne cessent de reculer depuis le début de l’année, s’éloignant de leurs records historiques de fin décembre, mais ils n’en restent pas moins à des niveaux très élevés pour la période. Sur 2024, la production française d’agneau recule et le poids des importations augmente.
Les prix des agneaux ne cessent de reculer depuis le début de l’année, s’éloignant de leurs records historiques de fin décembre, mais ils n’en restent pas moins à des niveaux très élevés pour la période. Sur 2024, la production française d’agneau recule et le poids des importations augmente.
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A 9,78 €/kg, le prix moyen pondéré des agneaux publié par FranceAgriMer s’affiche, en semaine 10, 8,8 % sous son record historique de la fin d’année 2024 (10,64 €/kg) ; mais 13,4 % au-dessus de son niveau de l’an dernier même date.
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Retour de l’offre en agneaux Lacaune
En cause, l’arrivée sur le marché des agneaux Lacaune du bassin Roquefort. Ce phénomène de baisse des prix des agneaux sur le premier trimestre est habituel, puisque la demande à cette période est toujours modérée. Pour autant, les abattages sont loin d’être surabondants puisqu’ils sont en retrait de 1,6 % en cumul sur les 6 premières semaines de l’année comparé à la même période de 2024, selon les données Ovinfos remontées par Interbev.
Baisse de 5 % des abattages d’agneaux en 2024
3,045 millions d’agneaux ont été abattus en France en 2024, selon les données CVJA relayées par Agreste.
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C’est 5,35 % de moins qu’en 2023 mais surtout 13,59 % de moins que sur la moyenne quinquennale (2019-2023). Jamais la France n’a vu aussi peu d’agneaux sortir de ses élevages. Dans le même temps, les abattages d'ovins de réformes ont reculé de 10 %, entre volonté de recapitaliser dans certains élevages et mortalité causée par la FCO, explique l’Idele. Dans le même temps, les importations d’agneaux vifs ont reculé de 15 % par rapport à 2023, à 136 000 têtes, faute d’agneaux portugais et malgré la hausse de 21 % des expéditions espagnoles.
Dans ce contexte, la production de viande ovine française a chuté de 7 % passant sous la barre des 70 000 tonnes en 2024.
La dépendance aux importations de viande ovine augmente
Sur 2024, la France a importé 84 800 tonnes équivalent carcasse de viande ovine, c’est 1 % de moins qu’en 2023, rapporte l’Idele, la baisse des envois irlandais (-12 %) et britanniques (-6 %) n’ayant pas été totalement compensée par la hausse des importations en provenance d’Espagne (+10 %) et de Nouvelle-Zélande (+12 %).
La part de la viande importée dans le disponible français atteint, en 2024, 59 %
Pour autant, le poids des importations continue d’augmenter dans la consommation pour la troisième année consécutive. Selon les calculs de l’Idele qui corrige les effets de réexport, la part de la viande importée dans le disponible français atteint, en 2024, 59 % contre 57 % un an plus tôt. Un niveau qui n’avait plus été vu depuis 2014. La consommation reste maussade, avec une baisse en volume de 11 % sur 2024, face à une hausse des prix moyens d’achat de 3 %, selon les données de Kantar reprises par l’Idele.