Prix des gros bovins : où est le plafond ?
Les hausses des prix des bovins rapportées par FranceAgriMer sur la semaine 7 sont assez impressionnantes. A tel point que l’aval de la filière peine à les répercuter et espère une accalmie du marché.
Les hausses des prix des bovins rapportées par FranceAgriMer sur la semaine 7 sont assez impressionnantes. A tel point que l’aval de la filière peine à les répercuter et espère une accalmie du marché.

Les cours des gros bovins ont continué de progresser en semaine 7. Le JB viande R= s’affiche ainsi à 6,04 €/kg au stade entrée abattoir selon les cotations de FranceAgriMer. Soit 9 centimes de hausse en une semaine. Un nouveau record battu, et un prix qui se situe 12,7 % au-dessus de son niveau de la même période 2023 et 2024 et même 58 % au-dessus de son niveau de 2020 même date.
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Les prix des vaches culminent
Pour la vache Viande R, la progression est plus mesurée, avec seulement 1 centime de hausse en semaine 7, ce qui amène tout de même le cours à 5,73 €/kg, soit 4,8 % au-dessus de son niveau de l’an dernier… et 53 % de plus qu’en 2020, même période. Quant à la vache O, sa cotation a bondi de 9 centimes en semaine 7 pour atteindre 4,69 €/kg, retrouvant des niveaux plus vus depuis l’automne 2023. C’est 11,9 % de plus que l’an dernier même date et 1,8 fois plus qu’il y a cinq ans.
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Un manque de disponibilité qui tire les cours
Pour les abattoirs, c’est bien sûr la raréfaction de l’offre qui tire les cours, avec des hausses de prix consenties pour maintenir les approvisionnements. Ainsi en semaine 7, les abattages de JB viande se situaient 8,6 % sous leur niveau de l’an passé, même date, selon les données Normabev rapportées par Interbev. Ceux de vaches mixtes et laitières plongeaient de 10,56 % tandis que ceux de vaches viande résistaient à -1 %. Sur 4 semaines, les abattages de vaches viande sont même en hausse annuelle de 1,1 % contre une baisse de 5,9 % pour les JB viande et 4,5 % pour les vaches mixtes et laitières.
Néanmoins certains opérateurs de l'abattage découpe affichent une volonté de reprendre en main leurs achats. Ils n’excluent pas un petit retour de l’offre de JB et donc une croissance des prix qui pourrait ralentir. Certes, les vaches laitières vont rester encore peu présentes sur le marché ces prochaines semaines, c’est de saison.
La difficile répercussion des hausses de prix des bovins
Vers l’export, les hausses de prix ont été répercutées, car ce sont tous les prix européens qui flambent. Néanmoins la question du maintien du flux vers les pays tiers se pose. En premier lieu la Turquie, qui a ouvert la vanne aux importations de viande pour calmer l’inflation sur son marché intérieur pourrait faire évoluer sa stratégie, même si ses besoins sont attendus au rendez-vous sur 2025.
Sur le marché intérieur, les grossistes rapportent subir les hausses de prix de la viande et commencer à peiner à les répercuter à leur clientèle de la restauration. Quant aux négociations entre les abattoirs et la grande distribution pour les produits concernés, on nous évoque des situations très tendues. C’est dans ce contexte complexe que l’aval de la filière espère une pause dans la montée des cours.