Aller au contenu principal

Projet de loi Alimentation
Objectifs de qualité, sans moyens, pour la restauration collective

Au Sirha Green, du 17 au 19 juin à Lyon, les discussions ne manqueront pas de tourner autour de l’article 11 du projet de loi Alimentation qui impose une montée en gamme en restauration collective, sans toutefois en définir les moyens.

© Cheick Saidou/Min.Agriculture

À quelques jours de l’ouverture du premier salon professionnel dédié au foodservice responsable, les députés ont adopté en première lecture du projet de loi Alimentation plusieurs mesures concernant l’offre en restauration collective. « Afin d’assurer une alimentation de qualité, l’approvisionnement en restauration collective doit se faire, conformément à la promesse présidentielle, avec 50 % de produits bios, bénéficiant d’un signe officiel de qualité et de l’origine et de produits locaux », a déclaré Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, en introduction du débat.

Un objectif adopté malgré l’inquiétude portée par certains députés : « la montée en qualité de l’alimentation en restauration publique aura immanquablement des effets sur les coûts des repas », a prévenu Vincent Descœur, député LR ; « des collectivités vont être confrontées à des difficultés en matière de coût », a approuvé André Chassaigne, président du groupe Gauche démocrate et républicaine.

Des effets sur les coûts des repas

Ainsi, l’article 11 du projet de loi, adopté par les députés le 26 mai, stipule qu’au plus tard le 1er janvier 2022, 50 % de la valeur des produits servis en restauration collective devra être constituée de produits acquis selon des modalités prenant en compte le coût du cycle de vie du produit, produits issus de l’agriculture biologique, sous signes officiels de la qualité ou de l’origine (Siqo), bénéficiant d’un écolabel, ou issus d’une exploitation ayant fait l’objet d’une certification environnementale. Et 20 % de la valeur totale des produits servis en restauration collective devra provenir d’exploitations bios ou en conversion.

Cette mesure s’appliquera à la restauration collective publique et aux gestionnaires privés des services de restauration des enfants de moins de six ans, scolaire, universitaire, aux établissements de santé, sociaux et médico-sociaux et aux établissements pénitentiaires. La restauration collective publique devra aussi développer l’acquisition de produits issus du commerce équitable.

L’AMF écrit à Édouard Philippe

François Baroin, président de l’Association des maires de France (AMF), a saisi Édouard Philippe, Premier ministre, dès le 18 mai par courrier, pour rappeler que « bien qu’elle partage les ambitions générales de ce texte, la restauration scolaire est un service public facultatif et qu’elle est par principe opposée à l’instauration de seuils obligatoires et imposés qui constituent une entrave au principe de libre administration des collectivités ».

L’AMF prévient le gouvernement que, pour accompagner les objectifs ambitieux du projet de loi, il conviendrait de « lever le risque juridique auquel sont soumises les collectivités locales au regard de la commande publique », ou tout du moins « prévoir un accompagnement par l’État des gestionnaires de service de restauration scolaire par des obligations de moyens plutôt que de résultat ». Si les seuils de 50 % et de 20 % devaient être maintenus, l'AMF propose qu’ils soient modulés en fonction des capacités locales de production.

On pourrait imaginer une prime comme l'ex-subvention Onilait

« Le texte porte une belle intention, mais il convient de mettre en œuvre des éléments pour atteindre ces objectifs », commente de son côté Éric Lepêcheur, président de Restau’co, réseau de la restauration collective en gestion directe, rappelant que pour l’heure le différentiel à l’achat des produits bios générerait un surcoût de 20 centimes d'euro par assiette. Il y a une quinzaine de jours, l’association s’est vu proposer par Claire Le Bigot, conseillère alimentation de Stéphane Travert, de participer à un groupe de travail pour accompagner la rédaction du décret d’application de l’article 11.

Dans ce cadre, Restau’co compte bien proposer la mise en place d’un accompagnement financier sur trois ans, le temps que les volumes en produits bios ou sous Siqo augmentent. « On pourrait imaginer une prime comme la subvention Onilait qui existait sur le lait à l’école. On pourrait acheter des produits de qualité au bon prix pour l’agriculteur et on nous en rembourserait une partie », confie Éric Lepêcheur.

Les plus lus

troupeau de vaches dans les prairies du Montana
Les agriculteurs américains soulagés du report des droits de douanes pour le Mexique et le Canada

Le secteur agricole américain pourrait bien être la principale victime de la guerre commerciale de Donald Trump, comme lors de…

vache charolaise dans un pré
La vache lait O dépasse les 5 €/kg, les prix des jeunes bovins se calment

Les prix des bovins ont gagné 14,5 % en un an, et la hausse pourrait bien continuer, car si les prix des JB semblent marquer…

image d'un rayon oeuf vide
Flambée des prix des œufs en France, est-ce la faute des États-Unis ?

Alors que la pénurie d’œufs aux États-Unis et les prix exorbitants des œufs à New York ont défrayés la chronique, la hausse…

agneaux et brebis en bergerie
Les prix des agneaux de nouveau au-dessus de 10 €/kg, des records probables pour Pâques

Les prix des agneaux progressent de nouveau, à un mois de Pâques, temps fort de consommation de la viande ovine, qui résiste…

des poules oranges
Prix des poules de réforme – Cotation réalisée le 28 mars 2025

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Graines de soja dans des mains
Risques liés aux isoflavones : pourquoi l’Anses recommande d’éviter les aliments à base de soja en restauration collective

L’Anses recommande ce 23 mars de ne pas servir d’aliments à base de soja en restauration collective pour éviter une…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio