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Coopérative
La résilience d’Agrial à l’épreuve du Covid-19

Robuste et diversifié, le groupe coopératif Agrial fait face à la crise de Covid-19, avec un point d’inquiétude sur la filière laitière. Entretien avec Sarah Deysine, directrice du projet d’entreprise et de la communication du groupe.

Sarah Deysine, directrice du projet entreprise et de la communication du groupe Agrial. © DR
Sarah Deysine, directrice du projet entreprise et de la communication du groupe Agrial.
© DR

Les Marchés Hebdo : La crise a quelles conséquences sur les activités du groupe Agrial ?

Sarah Deysine : Nous sommes extrêmement impactés comme tous les secteurs de l’économie, avec pour nous un double objectif : continuer à nourrir la population et accompagner nos agriculteurs qui doivent produire.

LMH : Vos adhérents manquent-ils de bras pour leurs travaux ?

S. D. : Non, pas pour le moment, même s’il peut y avoir un sujet pour les enlèvements de volailles. Nos adhérents en polyculture élevage ont souvent vu rentrer leurs enfants sur l’exploitation. Par ailleurs, dans le Nord-Ouest, les grosses récoltes de légumes n’ont pas encore commencé, cela va être le cas dans 10-15 jours. Nous avons beaucoup de candidats sachant que nous avons aussi proposé à nos salariés des magasins de se porter volontaires.

Cette crise arrive au pire moment pour le lait

LMH : Comment se porte l’activité lait d’Agrial ?

S. D. : L’activité RHF est quasiment à l’arrêt (5 à 10 % de l’activité habituelle) et l’export recule de manière drastique (-50 à -60 %), c’est très problématique. Nos gros volumes de mozzarella vont habituellement dans les pizzas du monde entier. L’activité est plutôt bonne en GMS, le beurre fonctionne très bien, en fromage, c’est plus erratique. La bûche de chèvre Soignon se vend très bien, de plus petites références souffrent plus. Les résultats en GMS ne compensent pas la baisse en RHF et à l’export. Et cette crise arrive au pire moment pour le lait avec le pic de production.

LMH : À quelles capacités fonctionnent les usines laitières ?

S. D. : Nous avons dû réorganiser le travail en usine pour respecter les gestes barrières, cela baisse la productivité. En même temps, nous devons faire face à des pics de commandes de la distribution, qui du jour au lendemain, peut nous demander +30 % de yaourts. C’est techniquement compliqué. Nous avons dû arrêter certaines lignes, mais aucune usine de lait n’est à l’arrêt.

L’usine de Torreilles est à l’arrêt

LMH : Quid de l’activité légumes et fruits frais avec l’arrêt de McDonald’s ?

S. D. : L’usine de Torreilles est à l’arrêt, sauf une ligne qui nous sert de soupape pour la distribution. C’est le cas partout en Europe où on approvisionne McDonald’s. Pour le reste de l’activité : les Européens se remettent à cuisiner et on le ressent dans nos ventes en première gamme. Mais nous sommes prudents, cela reste instable. Sur la quatrième gamme, les ventes ont été très fortes au début, mais c’est de plus en plus poussif.

LMH : La branche boissons fonctionne-t-elle ?

S. D. : Avec la RHF à l’arrêt, notre force de vente est au chômage partiel. Alors que les rayons alcool souffrent, nos ventes de jus de pommes en MDD fonctionnent bien, Danao aussi. Et les ciders Manor Astor réalisent de très bonnes performances dans les GMS anglaises.

LMH : Quid de la branche viande et charcuterie, et de la volaille à Rungis ?

S. D. : Nous réalisons de très bonnes performances en boucherie et saurisserie libre-service. En revanche, la charcuterie souffre, étant plus dépendante des rayons à la coupe et peu présente en drive. Seul le jambon blanc en frais emballé continue à bien partir. À Rungis, l’activité est en dents de scie, après une première semaine très forte. Il y a un enjeu dont on parle peu, c’est le ramadan dans quelques jours qui peut avoir des conséquences importantes. On ne sait pas comment les gens vont consommer, sachant qu’ils ne pourront pas se réunir.

LMH : Globalement, avec son profil diversifié, Agrial s’en sort pas trop mal ?

S. D. : En mars, nous allons effectuer un mois correct en activité. En avril, nous sommes beaucoup plus prudents, il ne va pas y avoir de boom de la consommation et la baisse de productivité va se ressentir sur les marges. Cette période suit une bonne année 2019. On espère être résilients, même si on s’inquiète de l’impact de la conjoncture laitière sur nos adhérents.

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