Coopérative
La Cavac reste attentive à l’équilibre matière
En reprenant Bioporc il y a quatre ans, Cavac maîtrise désormais l’ensemble de la chaîne de la production à la transformation du porc bio. Une force que le groupe compte bien ménager.

Le bio à la Cavac on connaît. Dans les céréales, la volaille, l’oeuf, le bovin et le porc. Cette filière porcine s’est construite en s’appuyant sur l’outil de transformation de Bioporc. Avant de reprendre la société en 2014, le groupe coopératif approvisionnait l’outil de transformation. A l’époque, cette filière représentait 220 porcs par semaine. « Le groupement de porc de la Cavac s’est créé en s’appuyant sur cette filière de transformation et sur notre filière céréalière biologique. Cela fait plus de 25 ans que nous faisons des céréales. Et cela nous a permis de convertir des porcs en bio, grâce à ce lien au sol », explique Olivier Jureau, directeur général adjoint de la Cavac. Il y a quatre ans, le groupe décide d’acquérir Bioporc pour aller plus loin dans son développement et maîtriser l’ensemble de la chaîne de la production à la transformation. Grâce à son usine d’aliments, la Cavac peut garantir un prix aux producteurs qui décident de se convertir, et ce sur une durée très longue pour permettre une visibilité financière et amortir l’investissement dans les bâtiments. « La durée d’amortissement d’un bâtiment est d’environ huit ans. Donc, nous leur garantissons un prix sur cette durée pour qu’ils aient de la visibilité sur le long terme. Nous pouvons aussi le faire grâce à notre usine d’aliments, qui nous permet de moduler le prix de l’aliment, donc de proposer un prix garanti de reprise du porc charcutier », indique Olivier Jureau.
Sur l’année 2018, Bioporc a ainsi garanti un prix de reprise de 3,75 euros le kg. Et ces conditions donnent plutôt envie aux producteurs de se convertir, mais le groupe souhaite au maximum rester proche des marchés.
Valoriser l'ensemble de la carcasse
Aujourd’hui, le groupe travaille avec 27 producteurs de porcs et abat près de 460 porcs par semaine. Mais la Cavac veut maîtriser son développement comme elle maîtrise la chaîne de production. « Les conversions se sont en fonction de l’évolution de nos besoins et des marchés, sous réserve d’avoir une vision suffisamment claire des ventes. Il n’y pas de manque d’offres. De nouveaux acteurs arrivent en MDD ou en marque nationale avec des produits qui ne sont pas d’origine France mais importés, le plus souvent du Danemark. A la Cavac, le porc est français. Nous n’avons pas les mêmes coûts », explique Olivier Jureau. Pour lui, il est aussi question d’équilibre de la carcasse.
Nous ne montrons en puissance qu’en fonction de l’équilibre de la carcasse
Le manque d’offres, dont tout le monde parle en porc bio, se concentre sur le jambon et les lardons, « mais moi je dois valoriser l’ensemble du porc. Les acteurs qui font de l’importation ne se posent pas la question de l’équilibre. Ils achètent du jambon, du lardon. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de vendre un porc bio au prix du conventionnel », indique-t-il. La large gamme de produits de Bioporc le prouve d’ailleurs. L’entreprise vend des terrines comme des lardons, du bacon comme de la saucisse, du jambon comme du saucissons etc. « Il ne faudrait pas que l’on se retrouve potentiellement dans une situation de surproduction », conclut-il, « nous ne montrons en puissance qu’en fonction de l’équilibre de la carcasse ».