Prévention
Iremos prépare à la gestion de crise
Cabinet de conseil spécialisé en gestion opérationnelle de crise, Iremos accompagne des groupes de l’agroalimentaire comme Bel ou Eckes Granini. Sa spécialité : les préparer par des méthodes militaires et l’installation d’outils logiciels à tous les types de nouveaux risques.
« Les spécificités de la crise dans le secteur agroalimentaire : prévoir, alerter et réagir » : le 4 avril, Iremos organisait à Paris une formation sur le processus d’organisation de crise devant une vingtaine de participants. Le cabinet de conseil spécialisé en gestion opérationnelle de crise accompagne des groupes comme Bel ou encore Eckes Granini et regarde avec attention l’agroalimentaire sur lequel il mène « une veille spécifique ». « Notre spécificité, c’est une approche résolument opérationnelle. La gestion de crise est une activité très à la mode, souvent vue sous le prisme de la communication de crise. Certes, on le prend en compte, mais nous intervenons surtout sur la manière dont l’entreprise est organisée pour gérer l’évènement », explique Clément Têtu, responsable développement d’affaires d’Iremos.
Méthodes militaires et outils logiciels
Une spécificité liée aux profils des fondateurs du cabinet : Arnaud Kremer, ancien du GIGN, et Richard Drapeau, ingénieur développeur. « On a un fort héritage militaire. En entreprise, les réflexes et l’encadrement militaires permettent de limiter les effets du stress et de mieux parer aux difficultés », indique Clément Têtu, ancien militaire lui-même. L’audit d’Iremos porte sur la manière dont l’alerte est remontée au moment de l’incident, comment l’incident est qualifié, comment se mobilise la cellule de crise (dont la formation dépend du type d’incident) et une fois l’incident terminé, comment elle se démobilise et quel bilan est tiré de la gestion de crise. « C’est le cycle de crise », résume Clément Têtu.
Ils ne sont pas suffisamment organisés dans l’anticipation
Afin d’accompagner les opérateurs dans la gestion de l’information, Iremos propose aussi des suites de logiciels permettant : la notification de masse ; la modélisation de sites ou la « main courante » (cellule de crise virtuelle « qui permet d’informer tout le monde minute par minute », explique Clément Têtu). Iremos compte 30 salariés dont 10 développeurs en interne.
« L’agroalimentaire représente 10 % de nos clients », détaille Clément Têtu. Il s’agit d’un secteur mûr, où les opérateurs ont l’habitude de la gestion de crise. « Mais ils ne sont pas suffisamment organisés dans l’anticipation », estime-t-il. « Dans le secteur, des entreprises ont fait face à de grosses crises, liées à la qualité ou à la réputation, avec de beaux exemples comme Spanghero et Lactalis, avec un impact fort sur l’image. Du coup, on a de plus en plus de demandes », complète Julie Vallée, directrice du pôle gestion de crise.
Globalement, les industriels perçoivent bien les risques sanitaires, liés à leur production. « La food defense leur permet aussi de border le risque lié à la malveillance d’un collaborateur », estime Clément Têtu. Anticiper des crises nouvelles s’avère plus difficile. Face au développement de la fraude, « on peut se renseigner sur la chaîne des fournisseurs, on détecte les signaux faibles », explique-t-il.
Iremos évoque de nouveaux risques comme faire face « à des activistes extrêmement violents » ou à « une mauvaise note sur Yuka », poursuit Julie Vallée.
Des exercices pour se préparer à tout
Iremos prépare les entreprises aux crises en réalisant des exercices. Pour un client basé en Algérie, le cabinet Iremos a ainsi testé les scénarios d’un attentat intervenant à 100 mètres du siège de l’entreprise. Avec des conséquences très fortes sur la production. « Il y a plein de nouveaux risques, des risques environnementaux liés aux crues, qui interviennent désormais chaque année, ou encore la neige qui bloque les sites », commente Clément Têtu, responsable développement d’affaires d’Iremos.