Exportations
Bovins : la Turquie, c’est fini !
En crise économique, la Turquie diminue ses importations de bovins vifs et de viande. Si elle n’est pas un client majeur de la France, cette dernière pourrait pâtir d’une concurrence accrue sur d’autres marchés, selon une étude de FranceAgriMer.
En crise économique, la Turquie diminue ses importations de bovins vifs et de viande. Si elle n’est pas un client majeur de la France, cette dernière pourrait pâtir d’une concurrence accrue sur d’autres marchés, selon une étude de FranceAgriMer.
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Le marché turc est extrêmement volatil, notamment depuis la plongée de la livre turque liée en partie à des tensions avec les États-Unis. Ankara a récemment fait un geste, les relations pourraient s’améliorer, mais dans un contexte d’instabilité politique dans le pays, les investisseurs étrangers restent frileux. Malgré un protocole signé l’an dernier, la France n’a pas repris ses envois de bovins vifs vers la Turquie. En cause, des conditions sanitaires trop drastiques et la faible compétitivité des animaux français dans une économie turque dégradée. Du côté de la viande, la France était le cinquième fournisseur de la Turquie au second semestre, avec 1 % de parts de marché, loin derrière la Pologne (74 %).
La Pologne et l’Espagne pourraient menacer la France
Dans un contexte de crise, tout laisse à penser que la Turquie va réduire ses importations de viande, les Turcs préférant les animaux abattus sur place, pour raison religieuse, mais aussi pour soutenir leur filière. Or, la Pologne a envoyé 16 000 téc de viande bovine sur les cinq premiers mois de l’année vers la Turquie. D’où la crainte des opérateurs français de retrouver notre encombrant concurrent sur nos marchés traditionnels (Italie, Allemagne, Grèce) où il grignote déjà des parts de marché.
Sur le marché des bovins vifs, la Turquie pourrait bien continuer à bouder les broutards français pour se cantonner aux animaux brésiliens et uruguayens, privilégiant la quantité à la qualité. La Turquie a aussi importé 54 600 bovins finis l’an dernier, dont 31 700 en provenance d’Espagne. Si ce flux vient à se réduire, la péninsule Ibérique pourrait se tourner vers le Liban pour écouler ses animaux. Et, là encore, prendre des parts de marché à la France.