Relocalisation
Tribune en faveur d’une nouvelle « démocratie alimentaire »

Pour l’heure, « la relocalisation alimentaire n’a pas été à la fois trop ambitieuse et trop timide en se consacrant principalement au débouché de la restauration collective », s’interroge un collectif dans une tribune publiée le 9 juin dans Le Monde. Parmi les signataires : Christophe Hébert, président d’Agores, Philippe Jouin, directeur de Biocoop Restauration, Gilles Pérole, président d’Un plus Bio ou encore Vincent Rozé, cofondateur du réseau des plateformes Manger Bio. Alors que la loi Egalim a donné une ambition forte à la restauration collective avec l’objectif d’atteindre 50 % de produits durables dont 20 % de produits bio d’ici à 2022 et qu’un « mouvement de fond s’était enfin engagé sur les territoires », la « rupture soudaine » liée à l’arrêt de la restauration pendant le confinement « rebat les cartes », estime le collectif. « Les collectivités locales se retrouvent elles-mêmes en tension à l’issue de la crise et, confrontées à de nouvelles urgences, pourront-elles tenir demain leurs engagements en faveur d’une restauration collective plus bio, locale, saine et juste ? », s’interrogent les signataires qui appellent à une relocalisation plus générale de notre alimentation.
Des solutions de relocalisation existent selon eux : « ici on met en place des régies agricoles, là on crée des plateformes de producteurs en circuit court, là encore on construit des légumeries collectives proches des convives. L’idée de remettre en culture des terres en friche, de plus en plus nombreuses à la campagne, fait aussi son chemin ».