Hausse des prix des petits veaux : « la situation inquiète beaucoup les intégrateurs »
Les prix des petits veaux mâles battent des records, qui plus est à contre-saison. Difficile donc de mettre en place des veaux de boucherie dans ce contexte, la question de la répercussion de la flambée des coûts de production va aussi se poser rapidement.
Les prix des petits veaux mâles battent des records, qui plus est à contre-saison. Difficile donc de mettre en place des veaux de boucherie dans ce contexte, la question de la répercussion de la flambée des coûts de production va aussi se poser rapidement.

Les prix des petits veaux laitiers mâles 45-50 kg ont dépassé, la semaine dernière, la barre des 165 €/pièce. Un record historique battu à une saison où les cours commencent habituellement tout juste à frémir et s’éloigner de leurs planchers. « C’est un phénomène étonnant, du jamais vu, qui a surpris tous les intégrateurs », confirme Olivier van Ingelgem, secrétaire général du Syndicat De la Vitellerie Française.
« C’est un phénomène étonnant, du jamais vu, qui a surpris tous les intégrateurs »
Des mises en place de veau de boucherie sous tension
« On manque d’offre, ça va se ressentir sur les mises en place », précise le secrétaire général qui relie cette forte tension à la FCO, « on a connu des avortements, des veaux morts-nés », en plus de l’effet de la baisse du cheptel laitier.
« On manque d’offre, ça va se ressentir sur les mises en place »
Pas de flux d’import pour détendre le marché
Aucun soulagement à attendre des importations. Actuellement, les flux sont extrêmement limités, même si historiquement il y a déjà eu des importations régulières en provenance d’Irlande. « Réglementairement, la situation est complexe à cause de la loi santé animale et du programme d’éradication de l’IBR. Et les Irlandais ont suffisamment de débouchés faciles, comme l’Espagne, pour ne pas chercher à retrouver l’accès au marché français », regrette Olivier Van Ingelgem, précisant « des importations ponctuelles auraient pu donner de l’oxygène aux intégrateurs ».
Quel effet sur la production de veau de boucherie ?
Les prévisions de l’Idele étaient à une nouvelle baisse de la production de veau de boucherie en 2025, de 2 % après un recul de 4 % l’an dernier. « Les mises en place sont contraintes actuellement. Mais nous ne sommes qu’encore au début de l’année, difficile de se projeter sur l’ensemble de 2025 », nuance le secrétaire général, qui s’interroge « c’est sûr que la situation inquiète beaucoup les intégrateurs. Il n’y aucune raison que les prix baissent à moyen terme, à quel niveau va-t-on arriver le 30 juin ? ».
« Il n’y aucune raison que les prix baissent à moyen terme, à quel niveau va-t-on arriver le 30 juin ? ».
Les marges des intégrateurs sous tension
Dans le même temps les coûts de l’aliment d’engraissement tendent à progresser régulièrement depuis l’automne dernier, que ce soit la composante lactée ou fibreuse. Ils se situent à des niveaux relativement élevés, néanmoins loin du pic de 2022 lié à la guerre en Ukraine.

« Après deux années, 2023 et 2024, de marges positives pour les intégrateurs, on va retomber dans un cycle subit » constate Olivier Van Ingelgem. La question de la répercussion de cette hausse des coûts de production, notamment du veau jeune, va se poser, soit elle sera supportée par l’intégrateur « qui perdra alors de l’argent », soit par le consommateur, « pour l’heure le prix du veau gras est stable, mais que peuvent absorber abattoirs, distributeurs et consommateur ? », réfléchit le secrétaire général.
« Que peuvent absorber abattoirs, distributeurs et consommateur ? »
Reste un paramètre, l’écart de prix de la viande de veau française avec la néerlandaise, car les risques de hausse des importations sont bien présents. Pour autant, les engraisseurs néerlandais sont eux aussi confrontés à la flambée des prix des veaux et à des records historiques.
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