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Comment Kervalis Armor recycle ses eaux usées
La société bretonne a investi dans une technologie de traitement de ses eaux usées, pour récupérer 60 mètres cubes d’eau par jour. La désinfection par rayonnement d'ultraviolet permet de ne pas avoir recours à la chimie.
La société bretonne a investi dans une technologie de traitement de ses eaux usées, pour récupérer 60 mètres cubes d’eau par jour. La désinfection par rayonnement d'ultraviolet permet de ne pas avoir recours à la chimie.


La société Kervalis Armor, spécialisée dans la production de protéines animales transformées pour l’industrie du pet food, a équipé son site historique de Trémorel (Côtes-d’Armor) d’une solution pour retraiter ses eaux à usage industriel, grâce à son travail avec Best Water Technology (BWT). « Kervalis Armor ne pouvait pas rejeter davantage d’eaux usées dans la station d’épuration utilisée, contraignant la croissance de la société. Nous les avons donc aidés à trouver une solution adaptée afin de sécuriser leur production. Ils peuvent aujourd’hui réutiliser 60 m3 d’eau par jour », explique Dimitri Monot, responsable de l’activité ReUse de BWT. Kervalis Armor, filiale du groupe Saria, est équipé d’une technologie lui permettant d’obtenir une qualité d’eau équivalente à une « eau de baignade », c’est-à-dire sans bactéries. Sans cet investissement, la société aurait dû arrêter sa production.
Un traitement sans produits chimiques
Le traitement de l’eau se compose de trois étapes : la microfiltration, la désinfection et l’adoucissement. « L’eau passe d’abord dans des membranes qui ont des seuils de coupure de 0,1 micron. Les bactéries étant plus grosses, elles ne passent pas », décrit Dimitri Monot. Les membranes utilisées sont lavées toutes les trente minutes et nettoyées en profondeur tous les jours. Les eaux de lavage se dirigent vers une station d’épuration. Puis, l’eau est désinfectée par rayonnements ultraviolets qui détruisent les cellules des bactéries restantes, sans avoir à utiliser du chlore ou diverses molécules biocides.
Enfin, l’eau est adoucie avec des résines pour éliminer le calcaire afin de ne pas encrasser tous les appareils, notamment les buses d’aspersion, et de prolonger ainsi leur durée de vie. Le liquide traité peut être utilisé pour nettoyer les tours de lavage de gaz ou encore en tant que liquide de refroidissement des chaudières.
Cette démarche est de plus en plus subventionnée
« À l’exception de certaines zones géographiques, le prix de l’eau est globalement faible en France, dépassant rarement 1 euro le mètre cube. Les motivations économiques pour ce type d’opération ne sont pas prioritaires », nuance Dimitri Monot. L’investissement dans une technologie de traitement des eaux usées peut être compris « entre 100 000 et 800 000 euros », dépendant du débit et de la quantité de l’eau à traiter selon les entreprises. « Ces montants peuvent paraître lourds, mais le gouvernement et l’Agence de l’eau subventionnent de plus en plus ce type de démarche, allant aujourd’hui jusqu’à 40 % », ajoute-t-il.
Un conteneur mobile à l'essai
Best Water Technology a développé une unité mobile de recyclage des eaux usées en conteneur, nommé BWT Plug & ReUse et actuellement disponible en essai pilote. Cet outil est installé sur le site sans nécessiter aucune modification des installations déjà existantes. « Ce conteneur est particulièrement bien adapté sur des sites dont la qualité de l’eau utilisée est très aléatoire », confie Dimitri Monot, responsable de l’activité ReUse de BWT. Son équipement est spécifique à chaque projet, pouvant bénéficier d’une technologie d’ultrafiltration, osmose inverse, retraitement des concentrâts d’osmose, selon le résultat de l’audit des installations. « De tels projets s’étudient toujours au cas par cas », précise Dimitri Monot. Le test dure un mois ou deux, au cours duquel les industriels peuvent s’assurer de la fiabilité du procédé choisi. « Cette technologie peut éviter des situations de stress hydriques pendant les épisodes caniculaires », conclut Dimitri Monot.