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Pêche, nectarine, abricot
Vers une saison 2018 modeste en fruits d’été

Le gel et une saison printanière capricieuse sont venus freiner le développement des fruits. C’est le constat qui a été dressé lors de la rencontre Europech la semaine dernière au salon Medfel à Perpignan.

Les stations commenceront l'année un peu en retard par rapport à la normale.
© Yann Kerveno

Il faudra vraisemblablement se faire une raison, la traditionnelle présentation des prévisions de récolte européenne de pêches et nectarines à Perpignan appartient au passé. « Cela fait maintenant plusieurs années que les Italiens et les Espagnols estiment qu’avril est trop tôt pour donner des prévisions fiables, ils souhaitent continuer de participer au dispositif mais délivrer les prévisions plus tard dans l’année », explique Éric Hostalnou, chef du service fruits et légumes de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales.

Les producteurs français ont pour leur part présenté leurs chiffres pour 2018 après une année 2017 mouvementée. « La saison s’est mal passée l’année dernière, en pêche, mais aussi en abricot, ce qui est plus exceptionnel », signale l’expert. En pêche et en abricot, les volumes attendus ont été largement sous-estimés. « Nous avons eu à faire avec des volumes très importants qui ont engorgé le marché dès le début de la campagne, les bonnes conditions climatiques n’ont pas été suffisantes pour récupérer par la suite. Les prix sont restés moyens tout l’été », poursuit-il. En abricot, la situation fut similaire, avec des volumes importants venus très précocement de la région de Murcia puis une production très largement excédentaire en Italie. « Les Italiens ont été obligés de dégager 80 % de leur production sur l’export, vers l’Europe de l’Est et du Nord alors que d’habitude, ils autoconsomment presque tout ! », constate Éric Hostalnou.

Des pertes entre 10 % et 20 % selon les exploitations

À quoi s’attendre donc pour 2018 ? Le gel de fin février s’est invité pour amputer légèrement la production, notamment dans les Pyrénées-Orientales. Selon les exploitations, les pertes se situent entre 10 et 20 %, et même dans certains cas jusqu’à 30 %. La production française devrait atteindre cette année, avec un peu de retard dans le calendrier à cause des conditions de printemps, 102 973 tonnes en pêche et 92 219 tonnes en nectarine soit un recul respectif de 11 et 7 % par rapport à 2017 et de 14 et 15 % par rapport à la moyenne 2012-2016.

Les variétés à floraison précoce sont parfois dangereuses

« Avec des volumes un peu réduits par rapport à l’an dernier, on peut espérer avoir une campagne un peu moins lourde à gérer, envisage Éric Hostalnou, mais le gel vient nous rappeler que les variétés à floraison précoce sont parfois dangereuses. Depuis vingt ans, nous avons des variétés avec des floraisons de plus en plus tôt dans l’année parce que l’on a cherché des fruits plus colorés, plus gros aussi. Il faut peut-être aujourd’hui se poser des questions à l’heure de renouveler ses vergers. »

En abricot, la production française doit atteindre 134 448 tonnes, soit un recul de 14 % par rapport à l’an dernier et de 11 % par rapport à la moyenne 2012-2016. À cause du gel, qui a frappé un peu partout, la production sera en retrait dans toute l’Europe de 18 % par rapport à l’an dernier, tout en restant 8 % plus importante que la moyenne 2012-2016. Avec +38 % pour l’Espagne par rapport à cette même moyenne (142 000 tonnes attendues), +58 % pour la Grèce avec 79 800 tonnes attendues et -6 % pour l’Italie avec 201 138 tonnes attendues.

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