INTERVIEW François Iches le président de Sodiaal
« Une année 2012 en demi-teinte »
Alors qu’il mène de front plusieurs projets de fusion
visant à fédérer la coopération laitière en France, François
Iches, le président de Sodiaal qui se prépare à tirer sa
révérence, revient sur une année difficile pour le groupe.

« L’année a été contrastée. Malgré les
difficultés sur le lait de consommation,
nous maintenons un résultat positif
stable par rapport à 2011. »
>Quel bilan faites-vous de l’année 2012 ?
François Iches - 2012 a été une année de retrait pour Sodiaal avec des plus et des moins selon les activités. On avait l’ambition de franchir une étape. Cela n’a pas été possible. Nous avons toutefois sauvegardé l’essentiel. Le résultat est resté quasi stable. Sodiaal a été pénalisé par le lait de consommation. Candia a perdu 25 millions d’euros du fait d’un marché en recul, d’usines qui ne tournent pas à plein et d’une forte concurrence. J’ose dire que nous avons tardé à restructurer.
Qu’en est-il de Beuralia et Nutribio qui étaient déficitaires en 2011 ?
F. I. - Bien que légèrement positive, Beuralia n’a pas performé du fait de son organisation interne et de la taille de l’activité. Pour sortir de l’impasse, nous avons décidé de ne plus travailler avec nos seuls produits, mais d’acheter de la matière première afin d’optimiser l’utilisation de nos outils et rendre Beuralia plus autonome. Nous réfléchissons à un partenariat avec Yoplait et avec Candia et comptons investir et monter en expertise. Quant à Nutribio, l’activité est à l’équilibre grâce à un gain de productivité. Nous avons par ailleurs lancé la marque Nactalia en Chine en laits infantiles (boîte consommateur).
Les activités fromages et sérum s’en tirent mieux ?
F. I. - Si Sodiaal a réussi à maintenir son résultat, c’est bien grâce à son pôle fromager et à Eurosérum. 27 millions d’euros ont été investis en 2012 dans Eurosérum et 29 M€ sont prévus en 2013. Entremont de son côté a retrouvé des volumes et repassé des augmentations de tarif à la distribution et sa filiale allemande, que d’aucuns jugeaient fragile, s’est bien portée. Nous avons consacré 15 millions d’euros à Entremont pour l’amélioration de la logistique et le remplissage des sites. L’export vers la Russie et les pays de l’Est est une de nos priorités. CF&R se développe également à l’export, notamment vers l’Allemagne. Enfin, Monts et Terroirs dont le capital a été ouvert à hauteur de 25 % aux acteurs fromagers de la Franche-Comté, a tenu ses promesses. Nous avons augmenté de 12,7 % le volume de comté dans Monts et Terroirs en 2012, soit un total de 18300 tonnes; le comté étant l’étendard de cette unité.
Où en êtes-vous avec Synutra ?
F. I. - Nous avons signé un contrat de fourniture de matière première avec notre partenaire chinois. Nous fabriquerons le lactosérum déminéralisé que Synutra sèchera, soit un investissement de 10 millions d’euros pour Sodiaal. Synutra de son côté, devrait démarrer les travaux de construction de son usine de séchage en 2014, avec un début de la fabrication fin 2015.