Aller au contenu principal

Sécurité Alimentaire - Les autorités veulent consolider les plateformes d’épidémiosurveillance

Au-delà des dispositifs déjà mis en place pour observer les risques émergents dans la chaîne alimentaire, les autorités décident de construire de nouveaux systèmes de vigilance.

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, l’Inra et l’Anses
ont signé un accord au dernier Salon de l’agriculture pour la
création de plateformes d’épidémiosurveillance. Objectif : mieux
anticiper les risques en matière de sécurité alimentaire.
Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, l’Inra et l’Anses
ont signé un accord au dernier Salon de l’agriculture pour la
création de plateformes d’épidémiosurveillance. Objectif : mieux
anticiper les risques en matière de sécurité alimentaire.
© L. Gueneau /Cniel

Depuis mars dernier, un accord-cadre, signé à l’occasion du Salon de l’Agriculture à Paris, engage trois signataires — le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, l’Inra et l’Anses — à poser les fondations de plateformes d’épidémiosurveillance dont la vocation est de mieux anticiper les risques concernant la sécurité sanitaire des aliments. À partir des résultats des autocontrôles réalisés par les producteurs, qui seront remontés dans des banques partagées de données, les signataires veulent en effet construire un dispositif qui permettra de réaliser une analyse, non pas dans une démarche rétrospective, mais dans une logique de surveillance des risques émergents. Le constat est en effet que les crises sanitaires proviennent presque toujours de risques qui n’avaient pas été identifiés antérieurement. « En croisant les informations tirées de ces plateformes avec les cas de maladies chez l’homme, on devrait parvenir à améliorer la sécurité globale de la chaîne alimentaire », estime Gilles Salvat, directeur de la santé et du bien-être animal à l’Anses. Le premier comité de pilotage a eu lieu en février, pour un projet qui comprend la surveillance des risques microbiologiques classiques comme Salmonella, Campylobacter, Listeria ou Escherichia coli mais aussi celle des risques associés aux matières toxiques présentes dans l’environnement comme les biocides ou les pesticides. Les signataires visent un objectif pratique et concret. « Grâce à la remontée des informations, on pourra connaître le niveau de contamination de l’ensemble d’une filière, et les producteurs pourront se comparer à ce niveau moyen », résume Gilles Salvat. D’après les signataires, ce sera une avancée car, aujourd’hui, lorsqu’un producteur obtient 10 % de résultats positifs sur les tests de recherche de salmonelles par exemple, rien ne lui permet de savoir ce que cela représente par rapport au reste de la filière.

 

LES RÉSULTATS NÉGATIFS, AUSSI, SERONT REMONTÉS

 

Pour aboutir, le projet nécessite que soient collectés non seulement les résultats positifs mais aussi les contrôles négatifs. C’est de fait la condition pour pouvoir établir des données de prévalence, comme l’explique le directeur de la santé et du bien-être animal de l’Anses : « aujourd’hui, il existe déjà des systèmes de surveillance des Salmonella puisque toutes les souches isolées dans le cadre des autocontrôles réalisés par les producteurs remontent dans notre laboratoire de Maisons-Alfort. Mais cela donne seulement une indication sur la typologie des produits dans lesquels ces souches ont été isolées. Il manque tout le champ des résultats négatifs. Or, on comprend bien que les mesures à prendre ne sont pas les mêmes si la prévalence d’une bactérie pathogène est de 0,1 % ou de 10 % ».

Les producteurs de poulets labellisés sont de ce point de vue précurseurs puisque, depuis vingt-cinq ans, ils remontent volontairement à l’Anses l’ensemble des résultats de leurs autocontrôles pour tous les critères obligatoires dans le cadre de la labellisation. À Ploufragan (LNR Salmonelles), l’Anses possède donc un historique complet pour cette catégorie d’aliments. « C’est ce type de dispositifs que nous souhaitons mettre en place pour la chaîne alimentaire dans son ensemble. Cela représente évidemment un travail colossal », ne cache pas Gilles Salvat. Les signataires ont pris la décision d’avancer par étapes : ils bâtiront des plateformes domaine par domaine. « Par exemple, nous avons actuellement un atelier dédié à la surveillance de Salmonella Dublin dans la filière bovine laitière, où l’objectif est de mieux anticiper les risques de contaminations des fromages au lait cru, notamment ceux produits en Franche-Comté et en Auvergne », indique-t-il. Les signataires ont ainsi commencé le travail qui doit leur permettre de démontrer la faisabilité de leur projet.

 

EXPLIQUER LES MESURES PRISES

 

L’accord-cadre du 2 mars a été signé alors que le début de l’année a été marqué par de nouvelles crises sanitaires. « Soit pour des raisons de fraudes, soit à cause de défauts de surveillance, on connaît encore des alertes malgré la qualité du système français de vigilance. Le rôle de l’Anses dans ce contexte est plus que jamais d’expliquer les mesures prises pour sécuriser la chaîne alimentaire, et toujours renforcer le système », a déclaré Roger Genet, directeur général de l’Anses lors d’une conférence de presse donnée à l’ouverture du Salon de l’agriculture.

Les plus lus

troupeau de vaches dans les prairies du Montana
Les agriculteurs américains soulagés du report des droits de douanes pour le Mexique et le Canada

Le secteur agricole américain pourrait bien être la principale victime de la guerre commerciale de Donald Trump, comme lors de…

vache charolaise dans un pré
La vache lait O dépasse les 5 €/kg, les prix des jeunes bovins se calment

Les prix des bovins ont gagné 14,5 % en un an, et la hausse pourrait bien continuer, car si les prix des JB semblent marquer…

LES ÉTATS-UNIS PREMIER EXPORTATEUR AGRICOLE ET AGROALIMENTAIRE, infographie parue dans Les Marchés Mag de juin 2023
États-Unis : ce qu'il faut savoir du premier exportateur agricole et agroalimentaire en une infographie

Leader du marché mondial agricole et agroalimentaire, qu'est ce qu'exportent les États-Unis ? Quelles sont les productions…

image d'un rayon oeuf vide
Flambée des prix des œufs en France, est-ce la faute des États-Unis ?

Alors que la pénurie d’œufs aux États-Unis et les prix exorbitants des œufs à New York ont défrayés la chronique, la hausse…

agneaux et brebis en bergerie
Les prix des agneaux de nouveau au-dessus de 10 €/kg, des records probables pour Pâques

Les prix des agneaux progressent de nouveau, à un mois de Pâques, temps fort de consommation de la viande ovine, qui résiste…

des poules oranges
Prix des poules de réforme – Cotation réalisée le 28 mars 2025

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio