Négociations commerciales : la matière première agricole n’a pas toujours été sanctuarisée
Le bilan des négociations commerciales avec la grande distribution est amer, pour les PME et ETI de l’agroalimentaire, qui se désolent de ne même pas pu avoir fait passer les hausses liées à la matière première agricole, contrairement au cadre Egalim.
Le bilan des négociations commerciales avec la grande distribution est amer, pour les PME et ETI de l’agroalimentaire, qui se désolent de ne même pas pu avoir fait passer les hausses liées à la matière première agricole, contrairement au cadre Egalim.

Un quart des entreprises adhérentes de Pact’Alim (syndicat des PME & ETI françaises de l’alimentation, ex-Adepale) n’ont pas conclu l’ensemble de leurs accords avec la grande distribution avant la date butoir du 1er mars, informe le syndicat par communiqué.
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Pas de prise en compte des hausses de coûts de production
Les entreprises adhérentes à Pact’Alim demandaient, en moyenne, des hausses de 3 %. Mais près de la moitié d’entre elles se sont vues imposer une baisse de leurs tarifs et « celles qui parviennent à obtenir des hausses ne couvrent pas l'augmentation de leurs coûts de production ». La fédération demande qu’un nouveau comité de suivi des négociations commerciales puisse se tenir rapidement
MPA, MPI, des hausses non répercutées
Toujours selon Pact'Alim, dans 59 % des accords conclus, « les hausses des matières premières agricoles (MPA) ne sont pas couvertes, contre 42% en 2024 ». Quand on considère les MPI, matières premières industrielles, le taux grimpe à 80 % (contre 73 % l’an dernier).
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Des négociations sous tension
La fédération recense des pratiques commerciales agressives, avec des menaces de déréférencement fréquentes à systématiques dans 81% des cas, des exigences d'avantages sans contreparties dans 72% des cas et des pressions pour des alignements tarifaires dans 65% des négociations.
Des menaces de déréférencement fréquentes à systématiques dans 81% des cas
La santé des PME et ETI de l’alimentaire se dégrade
Conséquence, plus de la moitié des entreprises estiment que l’évolution de leur plan d’affaires n'est pas en corrélation avec celle des prix négociés (contre 36% en 2024. Pact’alim en appelle à un changement législatif pour « un cadre de négociation plus équilibré » qui « permette aux entreprises de couvrir leurs coûts de production ». De côté de la Feef, on demande aussi ce changement, avec deux évolutions :
- L’adaptation des règles de négociations à la taille des entreprises, avec un cadre pour les entreprises qui font moins de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires mondial
- La sanctuarisation des tarifs des PME et ETI en centrant les négociations commerciales sur le contenu du plan d’affaires