Les cours du colza européens reculent
Alors qu’ils poursuivaient tranquillement leur mouvement haussier, les prix du colza en Europe se sont brusquement repliés ces derniers jours, suivant l’évolution baissière du soja sur Chicago.
Semaine du 24 au 31 janvier. Les cotations du colza sur Euronext et les places hexagonales ont connu un net mouvement de repli, en raison de la chute du soja américain sur le marché à terme de Chicago, survenue lundi 30 janvier. Presque tout au long de la semaine 4, les cours prenaient pourtant le chemin de la hausse, en raison de la fermeté du canola canadien sur Winnipeg, soutenu par les bonnes demandes intérieure et extérieure. Mais dernièrement, la tension entre les États-Unis et le Mexique a fait dégringoler les prix de la graine nord-américaine.
Le Mexique, deuxième destination mondiale après la Chine pour le soja états-unien, pourrait, en représailles des menaces de Donald Trump sur les exportations de produits mexicains aux États-Unis, se tourner vers des importations d’origine Amérique latine. Après ces annonces, les cours sur les marchés à terme indien du colza et du soja ont aussi chuté, sur une potentielle offre supplémentaire en provenance des États-Unis.
Les conditions climatiques s’améliorent en Amérique latine. Des pluies annoncées en Argentine atténuent les craintes d’un déficit hydrique au sud du pays. L’estimation de la Bourse de Buenos Aires, qui prévoit un repli de la production nationale de 4,5 % entre 2016 et 2017 dû aux inondations, à 53,5 millions de tonnes (Mt), n’a guère eu d’effet sur le marché. Les récentes pluies au Brésil, qui freinent quelque peu la collecte, n’inquiètent pas outre mesure non plus.
En période de festivités du Nouvel An, la Chine pourrait réduire ses achats cette semaine. Concernant le canola canadien, les marges des triturateurs se sont dégradées, et la demande intérieure est susceptible de reculer, pesant sur les prix. Les sojas, tourteaux, huiles et graines sur Chicago emmenaient le canola lundi dans leur chute sur les contrats à terme ICE.
Intérêt des industriels pour le tournesol
En France, les hauts niveaux de prix du colza ont engendré un certain retrait de la demande. En tournesol, les cours sont stables, avec un intérêt des industriels signalé, mais l’offre abondante en provenance de la mer Noire freine la hausse des prix. Ajoutons à cela une demande très faible en huile, notamment sur Rotterdam.
Concernant les protéagineux, le maintien de la demande des fabricants d’aliments a permis d’engendrer une petite note de fermeté sur les prix du pois. Terres Inovia prévoit, dans une note du 26 janvier, une hausse des surfaces semées de pois dans le Sud-Ouest et un reflux dans le Sud-Est.