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Environnement
L’amont s’implique dans la transition écologique

Des haies bocagères d’Isigny Sainte-Mère aux sachets recyclables des salades sans résidus de Florette, l’amont agricole est clairement sollicité pour répondre aux attentes environnementales des consommateurs.

Petit groupe d'éleveurs laitiers d'Isigny Sainte-Mère apprenant à planter des haies. La coopérative attend un effet boule de neige parmi ses adhérents.
Petit groupe d'éleveurs laitiers d'Isigny Sainte-Mère apprenant à planter des haies. La coopérative attend un effet boule de neige parmi ses adhérents.
© Isigny Sainte-Mère

Engager une démarche écologique, la mener jusqu’au bout, tel est l’atout des groupements d’agriculteurs et coopératives. Arnaud Fossey, président de la coopérative laitière normande Isigny Sainte-Mère, a lancé l’idée de replanter les talus arborés qui maillent le bocage d’Isigny. « Les avantages des haies bocagères sont agronomiques, biologiques, hydrologiques et climatiques ; c’est démontré. Plantons donc des arbres partout où c’est possible, garnissons les talus qui sont nus », lance-t-il.

L’initiative a fait son chemin en moins de huit mois, via le journal interne et en conseil d’administration. Elle a abouti cet automne en partenariat avec le parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin qui fait bénéficier les éleveurs d’une aide financière et technique. La coopérative réglera le reste à charge (qui est de 3 euros sur les 12 à 13 euros d’un mètre de haie clé en main). « Nous avons formé nos techniciens au bilan carbone, on verra qu’on gagne des points avec nos haies », assure le président.

Retour aux basiques de l’agronomie pour les légumes d’industrie

Jean-Claude Orhan, producteur de légumes d’aucy (Eureden) et président du Cénaldi (association des producteurs de légumes pour l’industrie), considère pour sa part que le progrès écologique est collectif. « L’agroécologie, rappelle-t-il, c’est le retour aux basics de l’agronomie qui demande à varier les cultures, à semer des couverts végétaux, à mettre en place des économies d’eau et d’énergie. » Il donne des exemples d’actions de son organisation de producteurs : mise à disposition d’une bineuse pour faire découvrir le désherbage mécanique, partenariat avec les firmes semencières pour des variétés adaptées, offre d’outils d’aide à la décision afin de traiter selon la pression sanitaire ou d’arroser quand nécessaire, partenariat avec des apiculteurs.

« L’industriel fait en parallèle les mêmes efforts d’économies d’eau, d’énergie, de matières premières, souligne Jean-Claude Orhan. Nous échangeons avec eux avant et pendant chaque campagne. »

Des éleveurs laitiers, demandeurs de bilan carbone

Passons à la production fromagère. L’Association des producteurs de lait Bel de l’Ouest (APBO) a conclu le 6 décembre 2021 son cinquième accord annuel avec Bel « pour un lait plus durable et rémunérateur ». L’élevage repose sur une alimentation sans OGM et le pâturage, et à compter d’octobre 2022 sur l’engagement de tous les producteurs de nourrir leurs vaches avec des aliments d’origine exclusivement européenne, ce dernier engagement étant soutenu par une prime garantie.

Dans cet exemple aussi, le collectif a été moteur, dès 2017, considérant « que l’amont laitier ne sera durable que s’il répond aux attentes sociétales et aux enjeux environnementaux d’aujourd’hui ». « Cet engagement soutient un plan ambitieux de réduction de l’empreinte carbone des fermes entrepris par l’APBO et Bel depuis deux ans », explique l’APBO dans un communiqué.

Dans ce cadre, l’ensemble des exploitations du groupement auront réalisé en 2022 un diagnostic carbone CAP’2ER ; tous les exploitants auront suivi des formations au climat et bénéficié d’un plan d’action personnalisé.

La coopérative, prolongement de l’engagement des adhérents

« En tant que coopérative, nos agriculteurs (qui sont aussi nos actionnaires) sont solidaires et parties prenantes de notre politique 3R (réduction, recyclage réutilisation des emballages, NDLR) qui vise à trouver des alternatives de conditionnement plus responsables », dit un porte-parole d’Agrial, qui a créé un sachet recyclable pour les salades Florette. Selon Dominique Chargé, président de La Coopération agricole, « la coopérative est d’autant mieux placée pour la transition agroécologique qu’elle est le prolongement de chacune des exploitations ».

Avis de Christophe Bonno

L’urgence de répondre au changement climatique pousse tous les secteurs à s’engager immédiatement vers une transition agroécologique. À mon arrivée à Maïsadour, les premières personnes à me parler de RSE ont été les agriculteurs. J’ai rencontré de jeunes agriculteurs totalement écolos acteurs qui ont transformé l’exploitation familiale en bio, HVE ou en s’orientant vers l’agroforesterie, quelquefois sans aucune valorisation, mais uniquement par conviction personnelle. Je découvre à Maïsadour des engagements historiques dans le développement durable et le bien-être animal. De nombreux sujets sont lancés en matière de durabilité (traçabilité, bientraitance animale, circuits courts). Il faut maintenant accélérer, notamment sur la réduction de l’empreinte carbone de nos productions agricoles. Ce sujet est essentiel pour notre groupe coopératif. Des démarches intéressantes ont été mises en place dans ce sens, notamment le programme agroécologique dénommé Ideaal qui accompagne les adhérents vers plus de durabilité, et notre travail de labellisation « engagé RSE » grâce à un audit réalisé par l’Afnor. Notre mission est d’agir pour une agriculture d’avenir grâce à la durabilité de nos pratiques, à l’engagement de nos adhérents, pour une alimentation responsable. C’est une attente de la société et du consommateur, et c’est un axe de différenciation et de valorisation. Le modèle coopératif a des atouts pour être leader sur ces sujets.

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