La Cour des comptes étrille la gestion des abattoirs publics
La Cour des comptes a épinglé mardi la gestion des abattoirs publics d'animaux de boucherie par les collectivités locales, dans son rapport annuel 2020. « La situation financière des abattoirs publics d'animaux de boucherie est dégradée. Ce constat amène la Cour à considérer que l'intervention des collectivités locales en matière d'abattage a perdu ses justifications », peut-on lire dans le rapport. L'étude portant sur 80 abattoirs publics, communaux ou intercommunaux, dans neuf régions, pointe des équipements « souvent surdimensionnés et sous-exploités, alors que leur production totale ne représente plus que 7% de l'ensemble de la filière ». La Cour des comptes propose de promouvoir le développement d’un mode de gestion privé collectif des abattoirs qui associerait tous les acteurs concernés : petits exploitants, bouchers chevillards (grossistes) et même les salariés des équipements, sous la forme soit de coopératives d'utilisation de matériel agricole (Cuma) soit de sociétés coopératives d'intérêt collectif (SCIC). Favorable au développement des SCIC, le président de la fédération nationale des exploitants d’abattoirs prestataires de services (Fneap) a souligné dans sa réponse les « fonctions sociales et économiques » des abattoirs publics « dans le cadre d’un aménagement rationnel du territoire ».