[Édito] Quand le CNRS évoque l’agriculture bio

« Le CNRS vient de découvrir l’agriculture biologique… bonne nouvelle », telle a été l’une des premières réactions sur les réseaux sociaux à la suite de la publication de l’étude menée par Gilles Billen, biogéochimiste et directeur de recherche au CNRS, sur l’agriculture biologique. Selon cette étude, un système agroalimentaire biologique et durable pourrait être mis en place en Europe pour nourrir la population en 2050, pour « exporter encore des céréales vers les pays qui en ont besoin pour l’alimentation humaine et, surtout, pour permettre de diminuer largement la pollution des eaux et les émissions de gaz à effet de serre par l’agriculture ». À deux conditions, et non des moindres : opter pour une alimentation moins carnée et redévelopper le système de polyculture-élevage. Les professionnels de l’agriculture biologique ont en tout cas sauté sur l’occasion pour mettre en avant les bienfaits de celle-ci. Laure Verdeau, directrice de l’Agence bio, n’a pas manqué de republier sur les réseaux sociaux cette étude. « Quand le CNRS réfléchit à un monde plus bio, on est rassurés sur la transition alimentaire. Demain sera plus bio ! » a-t-elle tweeté le 21 juin, en taguant notamment le think-tank Iddri et l’Ademe. La Fnab, de son côté, a préféré ajouter à son tweet : « Si on s’en donne les moyens politiques. » Au moment où les discussions sur la politique agricole commune et sa déclinaison en France sont toujours en cours, une étude telle que celle-ci peut redonner quelques arguments aux défenseurs d’un soutien plus fort des États au développement de l’agriculture biologique en France, comme en Europe.