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Agneau : l’Europe en manque, quelles sont les tendances chez les exportateurs ?

La production de viande ovine est sous pression dans l’Union européenne. Même si les disponibilités sur le marché mondial de l’agneau sont limitées, les importations pourraient progresser en 2025. 

2 Agnelles Rava, en gros plan
La production de viande ovine chute en Europe
© Réussir Archives

Le marché mondial de la viande ovine s’est montré complexe en 2024, alors que l’Union européenne manquait d’agneau, mais que la production record en Australie alimentait les marchés nord-africains et américains. La Nouvelle-Zélande a en revanche été plus présente sur le vieux continent, du fait de la désaffection de la Chine. Pour 2025 ; c’est bien encore de la Chine que devraient dépendre les flux et les prix mondiaux de la viande ovine

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Du côté de la demande, l’Union européenne a résisté…

La production de viande ovine de l’Union européenne a continué de dégringoler en 2024, avec une baisse de 9 % sur les 9 premiers mois de l’année. L’organisme britannique AHDB projette de nouveaux replis en 2025, d’autant plus que la FCO a entraîné des conséquences sur l’ensemble du cheptel ovin. Malgré des prix records, à 930,7 €/100 kg carcasse en moyenne en semaine 2 sur l’ensemble de l’UE à 27, soit près de 20 % de plus que l’an dernier même date, la demande résiste. Les importations ont néanmoins reculé de 4 % avec la baisse des envois britanniques. Mais l’AHDB s’attend à ce que les besoins de l’Union restent au rendez-vous l’an prochain, alimentant un flux d’importation.

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… mais pas la Chine

La Chine a souffert d’une surproduction de viande ovine ces dernières années, ce qui a plombé le marché et fait baisser les prix, ce qui devrait conduire à une baisse de la production nationale en 2025. La baisse des importations (-17 % sur les 9 premiers mois de 2024, à moins de 60 000 tonnes) pourrait donc ralentir en 2025.  « La Chine a un impact significatif sur le marché mondial de la viande ovine et toute reprise de la demande (…) pourrait se traduire par une remontée des prix mondiaux » prévient l’AHDB. 

« La Chine a un impact significatif sur le marché mondial de la viande ovine » 

Les exportateurs de viande ovine en ordre dispersé

L’agneau britannique battu par le néo-zélandais

La Nouvelle-Zélande a dépassé le Royaume-Uni comme premier fournisseur de l’Union européenne sur les 3 premiers trimestres de 2024. Il faut dire que les exportations britanniques vers l’UE ont chuté de 13 %. Le cheptel britannique, a 31,02 millions d’ovins, a atteint un plus bas historiques en juin dernier, selon le recensement du Defra. Les effectifs d’agnelles et brebis reculaient en particulier, ce qui aura des conséquences sur les disponibilités de 2025, attendues de nouveau en baisse. 

Lire aussi : Accords de libre-échange de l’UE : quels seront les gagnants et les perdants dans l’agriculture et l’agroalimentaire

La production ovine baisse en Nouvelle-Zélande…

La Nouvelle-Zélande a réussi à s’imposer sur le marché communautaire, avec 44 % de parts de marché cet automne (contre 40 % en 2023), grâce à un prix compétitif et une réorientation de certains volumes auparavant destinés à la Chine, où la demande est en repli. La production ovine recule pourtant en Nouvelle-Zélande, sous l’effet de la baisse du cheptel attendu en repli de 5,2 % au printemps 2025 comparé au printemps 2024. L’élevage ovin perd du terrain au profit d’autres usages agricoles et de l’urbanisation. Les prix de l’agneau y ont atteint un plus bas en 7 ans en 2024, alors que les achats de la Chine ont plongé (-24 %). Comme les coûts de production augmentent, les élevages ovins néo-zélandais sont sous pression. La Nouvelle-Zélande a déployé ses envois vers le Royaume-Uni (+47 %) et les États-Unis (+30 %) comme vers l’UE (+7 %), sur les 9 % premiers mois de 2024. 

… mais rebondit en Australie

L’année a été florissante en Australie avec des exportations en hausse de 16 % sur les 3 premiers trimestres de 2024 et ont bénéficié d’une très bonne demande du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, qui ont absorbé 30 % des exportations de l’an dernier, contre seulement 2 % en 2023. Un dynamisme lié au rebond des abattages, mais qui a fait pression sur le marché mondial. Les analystes d’AHDB s’attendent à un repli des disponibilités sur 2025 à cause d’une hausse des abattages de brebis. 

 

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