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L’avis de Business France
« On propose aux entreprises de revenir en masse sur le Royaume-Uni »

Les Marchés Hebdo : Que va-t-il se passer le 31 janvier 2020 pour les importateurs et exportateurs de produits britanniques ?

Pauline Gauthier : Le 31 janvier, si l’accord de retrait est signé, une période de transition va s’étendre jusqu’au 31 décembre 2020. L’Union européenne et le Royaume-Uni vont avoir le temps de négocier un accord définissant de nouvelles règles. Rien ne va se passer, car pendant la période de transition ce sera un statu quo des relations.

LMH : Quels conseils prodiguez-vous aux opérateurs pour la période de transition ?

P. G. : On conseille de se préparer au pire scénario avec l’appui de nos collègues des douanes et les conseillers agricoles, c’est-à-dire à une sortie sans accord. Il faut se préparer aux formalités douanières, aux contrôles phytosanitaires, à des évolutions par rapport à l’étiquetage des produits, à la question de l’intérêt des logos et certifications européennes, pour être prêt si à la fin le Royaume-Uni sort sans accord.

LMH : Comment aidez-vous les entreprises à se préparer ?

P. G. : La Direction des douanes a mis à disposition beaucoup d’informations sur son site Internet, publie des brochures. Il y a un service Brexit, directement rattaché aux douanes, à disposition des entreprises qui est très actif. Le Royaume-Uni a aussi mis des informations sur le site https://www.gov.uk/brexit.

LMH : Comment se porte actuellement le marché britannique ? Est-ce toujours un bon débouché ?

P. G. : Le marché britannique est un client essentiel pour la France. C’est un débouché incontournable. C’est le deuxième importateur de vins au monde, et la France est son premier fournisseur en valeur et son troisième fournisseur en agroalimentaire. Le Royaume-Uni a une dépendance agroalimentaire de 40 % aux importations.

Christophe Monnier : Et 10 % des importations agroalimentaires britanniques viennent de France.

P. G. : Le marché est à peu près stable, la France est dans le top 5 des fournisseurs dans de nombreuses catégories, et le Brexit ne devrait pas changer fondamentalement les choses.

C. M.  : Le Brexit n’a pas eu lieu, sauf dans les médias. Nous sommes partis pour un an de transition. Certes, il y a eu une influence après le référendum, liée aux mouvements de la livre qui n’a pas été favorable aux exportations françaises. Mais la situation s’est rétablie en 2017, 2018.

LMH : Dans cette période, y a-t-il des occasions à saisir ou au contraire des risques à éviter ?

P. G. : Les deux. La période d’incertitude crée un certain attentisme des opérateurs britanniques et français et, de fait, crée des opportunités pour les entreprises courageuses qui choisissent ce moment pour se lancer. On a beaucoup d’entreprises qui ont souhaité se lancer cette année avec Business France au Royaume-Uni.

C. M.  : Le marché britannique va rester essentiel pour les IAA. C’est notre deuxième excédent, l’un de nos principaux clients. Il n’est pas certain qu’un hard-Brexit arrive. Les entreprises doivent rester en veille pendant la période de transition. C’est un grand marché, nous y avons des relations historiques et c’est un marché d’innovation, prescripteur en Europe. Le Royaume-Uni joue le rôle d’un marché d’entrée sur la scène internationale. On propose cette année de revenir en masse au Royaume-Uni pour faire de la veille. Les flux commerciaux vont rester importants.

Propos recueillis par Nathalie Marchand

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