La crise est finie... ou presque
« Rebond surprise », « fin de la récession », « la crise est finie ». Un vent d’optimisme souffle depuis le mois d’août sur les titres de la presse française, dont la tonalité s’assombrit à nouveau avec la crise syrienne. Hausse du PIB en France de 0,5 % au deuxième trimestre, consommation en progression de 0,4 %, envolée des bourses allemandes, françaises et italiennes… Depuis cet été, de nombreux indicateurs sont passés au vert. François Hollande avait bien parlé de « reprise économique » le 14 juillet dernier mais bien peu voulaient alors y croire… Et si le président de la République avait finalement vu juste ? Une sortie de crise s’amorce, mais tout est encore loin d’être rose : le chômage reste élevé, les entreprises françaises manquent encore de compétitivité et un niveau d’imposition trop élevé pourrait finir par peser sur la consommation. Dans l’agroalimentaire, les difficultés rencontrées par certains secteurs ne se sont pas évaporées pendant la période estivale. Le gouvernement annonce un plan pour l’agroalimentaire breton présenté d’ici quelques jours au Space, à Rennes. Mais à moins d’une enveloppe surprise (et plus qu’improbable) de plusieurs dizaines de millions d’euros, on voit mal comment ce plan pourrait empêcher la casse dans les usines. Plusieurs échéances importantes sont attendues pour les semaines à venir : fin des périodes d’observation de Doux et de Gad, respectivement le 24 septembre et 16 octobre prochain, début du chômage partiel chez Tilly Sabco fin septembre. Sans parler des conséquences de la crise de l’œuf ou encore des faiblesses de la filière viande bovine… Longtemps repoussées, des restructurations semblent désormais imminentes et inéluctables. La production de masse bretonne a pour autant encore un avenir devant elle, si elle mise sur la qualité et promeut à l’étranger ses investissements en matière de sécurité alimentaire et pourquoi pas de développement durable. Un nouveau modèle breton est possible.