[Edito] Gare à l’effet papillon

Drôle de confinement que nous vivons là ! Les Français ont le droit d’aller travailler, d’emmener leurs enfants à l’école, de faire leurs courses mais seulement « essentielles ». Tous les commerces de produits « non essentiels » sont donc fermés et pour éviter une concurrence déloyale, les rayons de ces mêmes produits sont désormais aussi interdits de vente dans les grandes surfaces. Thermomix, poêles, pierrades, ordinateurs et journaux sont autorisés à la vente mais pas les fours, couverts, tables de cuisson, livres, comme le pointe Michel-Édouard Leclerc sur son blog. Les pyjamas enfants âge 2 ans peuvent être vendus mais pas les pyjamas enfants âge 3 ans. Un vrai casse-tête pour les distributeurs. Derrière cette décision « ubuesque » diront certains, « protectrice » pour les petits commerçants diront d’autres, une conséquence non visible : le risque de perturber l’ensemble des relations de la distribution avec ses fournisseurs. L’arrêt de tout un pan d’activité des grandes surfaces va fragiliser nombre de PME du secteur non alimentaire. Et lorsque les rayons pourront rouvrir, les enseignes seront appelées à soutenir ces acteurs économiques importants pour les territoires français. Comment ? En se montrant cléments dans la négociation commerciale par exemple. En revoyant la péréquation de leurs marges au profit de ces entreprises en difficulté… ce sera peut-être au détriment des produits alimentaires. Des produits alimentaires fabriqués par des PME pénalisées par l’arrêt de la restauration, et des perspectives de fin d’année peu propices avec un Noël qui s’annonce peu festif. PME, dont les marges se sont réduites, année après année, avec la guerre des prix. Plutôt que d’ajouter des mesures contraignantes, le gouvernement aurait peut-être dû réfléchir au moyen de soutenir les petits commerces pour leur passage à la vente en ligne ou en leur facilitant le click and collect ? Un soutien qui pourrait s’avérer utile pour tous même au-delà de la crise liée à la Covid-19.