[Edito] GMS : une politique RH à revoir ?

Et si les psychodrames décrits par les fournisseurs de l’agroalimentaire dans les box de négociations à la fin février venaient en partie de la politique en ressources humaines de la grande distribution ? C’est un des éléments qui ressort du rapport de la commission d’enquête sur la situation et les pratiques de la grande distribution et de ses groupements dans leurs relations commerciales avec les fournisseurs, rendu public la semaine dernière. Lors des nombreuses enquêtes réalisées par la commission, plusieurs représentants d’organismes interprofessionnels et d’entreprises ont évoqué l’expression de « menaces » (de déréférencement ou de rupture des relations commerciales), voire de « propos injurieux », peut-on y lire. Et le rapporteur de s’interroger « sur la politique des ressources humaines des grandes enseignes », à l’égard de leurs salariés qui mènent les négociations commerciales. « Sensation de panique », « épuisement professionnel », voire « en état de burn-out », voilà comment sont décrits les acheteurs de la grande distribution par plusieurs représentants de fournisseurs. Et depuis peu, mais de manière de plus en plus récurrente, les fournisseurs se disent confrontés à une assez grande rotation de leurs interlocuteurs acheteurs, parfois même à l’occasion d’une même négociation. Des cas particuliers montés en épingle lors des auditions devant les parlementaires ? La commission d’enquête affirme avoir recueilli des documents qui « tendent à mettre en lumière l’existence d’incitations explicites ou implicites susceptibles de pousser les acheteurs à rechercher un abaissement des prix par tous les moyens ». Des incitations pouvant prendre la forme de consignes ou lignes directrices diffusées par oral, voire par écrit (comme les dix commandements de Carrefour). Parmi ses quarante et une propositions la commission d’enquête propose ainsi de faire en sorte de supprimer les compléments de salaire aux acheteurs de la distribution dont le versement est conditionné par la réalisation d’objectifs relatifs aux tarifs d’achat, des sortes de « primes à la déflation ». Pas bête ! La discussion dans les box pourrait ainsi porter sur autre chose que le prix, rien que le prix.