Aller au contenu principal

Réglementation
Ce qui se profile pour les futures relations commerciales

Le 24 juin 2021, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité la loi Besson-Moreau pour « mieux rémunérer les agriculteurs ». Voici les points clés qui seront encore discutés au Sénat en septembre.

 © DragonImages - stock.adobe.com
© DragonImages - stock.adobe.com

Les députés ont voté à l’unanimité en première lecture, le 24 juin 2021, la proposition de loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs, portée par le député de l’Aube LREM, Grégory Besson-Moreau. La grande nouveauté de cette loi est la sanctuarisation des prix agricoles dans le cadre de contrat pluriannuel d’au minimum trois ans entre les producteurs et leur premier acheteur industriel.

Ces contrats devront intégrer les indicateurs des coûts de production, et ces mêmes indicateurs devront être publiés par les interprofessions. À défaut, les instituts techniques pourraient être saisis par l’un des collèges. « Le collège agricole d’une interprofession pourra saisir l’institut technique pour qu’il puisse y avoir ces indicateurs », a insisté le député lors de l’examen en première lecture, mais il a rejeté l’idée que l’Observatoire des prix et des marges ait un rôle à jouer dans la constitution de ces indicateurs. Il en publiera néanmoins chaque trimestre un recueil.

Les députés ont également adopté une expérimentation de cinq ans de la mise en place d’un tunnel de prix, souhaitée principalement par l’amont de la filière bovine.

Trois options possibles pour les CGV

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a évoqué l’idée que certaines filières puissent être exemptées des règles de l’article 2 sur la transparence dans les CGV, notamment le vin, les eaux-de-vie et les fruits et légumes frais. La loi ouvre la porte à la publication de décret en ce sens. Un seuil minimum de 25 % de matières premières agricoles dans un produit a été par ailleurs fixé. L’article 2 permet à l’industriel de choisir trois options pour la rédaction de ces conditions générales de ventes : le « ligne par ligne », à savoir le coût matière première par matière première ; la part agrégée avec le recours à un tiers indépendant attestant de la véracité des informations fournies ou le seul recours aux tiers indépendants.

Expérimentation d’un « rémunérascore »

L’article 2 bis concernant la mise en place d’un « rémunérascore » sous forme d’un « étiquetage, de marquage ou par tout autre procédé approprié, destiné à apporter au consommateur une information relative aux conditions de rémunération des produits agricoles ». Une expérimentation sera mise en place pour une durée de cinq ans à compter de la promulgation de la loi. « La filière bovine a déjà signalé qu’elle voulait le mettre en place et s’est mise d’accord avec Lidl pour le faire d’ici à la fin de l’année 2021. On espère que cette expérimentation sera suivie d’autres », a indiqué le député de l’Aube, devant l’Assemblée nationale.

Non-discrimination tarifaire et pénalités logistiques

La non-discrimination tarifaire a également été adoptée par les députés par l’intermédiaire de nombreux amendements en ce sens. Notamment celui de l’ancien ministre Stéphane Travert qui prévoit « l’interdiction de la discrimination du tarif des fournisseurs de produits alimentaires en l’absence de contreparties réelles ».

Par ailleurs, le sujet des pénalités logistiques a été évoqué. Seul l’amendement du député Besson-Moreau no 380 a été adopté, visant à « inscrire parmi les pratiques interdites l’application de pénalités logistiques par les distributeurs au prétexte de l’absence de livraisons de produits, alors même que les fournisseurs ont pris soin préalablement de leur indiquer l’indisponibilité desdits produits ».

Discussion houleuse sur les MDD

Dans cet article 2, de nombreux amendements étaient proposés concernant la prise en compte des marques de distributeurs dans cette loi. Arguant que les industriels ne souhaitaient pas davantage qu’une limitation en volume, le député Besson-Moreau a rejeté bon nombre d’amendements et a renvoyé le sujet à l’appréciation des sénateurs. « Nous avons convergé vers un point d’atterrissage sur les MDD qui ne sont pas assez encadrées. C’est pour cela que l’on avance sur la partie volume. Le plus important est que quand un distributeur entre dans la cour des industriels, il ait les mêmes règles du jeu. Je pense que le Sénat saura aussi avancer sur ce sujet. Aujourd’hui, c’était un engagement, je propose un encadrement des volumes sur ce sujet, pour l’instant les industriels n’ont pas souhaité aller plus loin », a justifié Grégory Besson-Moreau.

L’amendement 219 et le sous-amendement 497 à l’article 2 bis B ont ainsi été adoptés en vue de contraindre un distributeur à s’engager sur un volume prévisionnel de production auprès de son fournisseur.

Le reste de la discussion se passera donc en commission des Affaires économiques du Sénat à compter du mois de septembre prochain.

Les plus lus

troupeau de vaches dans les prairies du Montana
Les agriculteurs américains soulagés du report des droits de douanes pour le Mexique et le Canada

Le secteur agricole américain pourrait bien être la principale victime de la guerre commerciale de Donald Trump, comme lors de…

vache charolaise dans un pré
La vache lait O dépasse les 5 €/kg, les prix des jeunes bovins se calment

Les prix des bovins ont gagné 14,5 % en un an, et la hausse pourrait bien continuer, car si les prix des JB semblent marquer…

LES ÉTATS-UNIS PREMIER EXPORTATEUR AGRICOLE ET AGROALIMENTAIRE, infographie parue dans Les Marchés Mag de juin 2023
États-Unis : ce qu'il faut savoir du premier exportateur agricole et agroalimentaire en une infographie

Leader du marché mondial agricole et agroalimentaire, qu'est ce qu'exportent les États-Unis ? Quelles sont les productions…

image d'un rayon oeuf vide
Flambée des prix des œufs en France, est-ce la faute des États-Unis ?

Alors que la pénurie d’œufs aux États-Unis et les prix exorbitants des œufs à New York ont défrayés la chronique, la hausse…

agneaux et brebis en bergerie
Les prix des agneaux de nouveau au-dessus de 10 €/kg, des records probables pour Pâques

Les prix des agneaux progressent de nouveau, à un mois de Pâques, temps fort de consommation de la viande ovine, qui résiste…

des poules oranges
Prix des poules de réforme – Cotation réalisée le 28 mars 2025

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio