Négociations commerciales : l’amont agricole et les industriels dénoncent l’attitude de la distribution
Les négociations commerciales doivent se terminer ce soir, sinon la DGCCRF interviendra, menace le gouvernement. Pour les entreprises de l’agroalimentaire, c’est la fin d’un marathon éreintant, qui s’est très mal déroulé alors que les distributeurs ont fait pression sur les prix, sans prendre en compte la réalité économique du tissu agroalimentaire français.
Les négociations commerciales doivent se terminer ce soir, sinon la DGCCRF interviendra, menace le gouvernement. Pour les entreprises de l’agroalimentaire, c’est la fin d’un marathon éreintant, qui s’est très mal déroulé alors que les distributeurs ont fait pression sur les prix, sans prendre en compte la réalité économique du tissu agroalimentaire français.
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À quelques heures de la fin des négociations commerciales, les communiqués pleuvent critiquant l’attitude de la grande distribution. Ainsi les fédérations nationales des éleveurs bovins, caprins, ovins et des producteurs de lait ont conjointement dénoncé « avec la plus grande fermeté les agissements des distributeurs dans les box de négociation », expliquant que « les distributeurs se livrent à une guerre des tarifs sur le dos des producteurs ».
« les distributeurs se livrent à une guerre des tarifs sur le dos des producteurs »
Les filières demandent que les coûts de production soient un minimum garantis, afin de protéger la souveraineté alimentaire. Le dernier comité de suivi au ministère, le 18 février, s’était déjà déroulé sous tension.
Les industriels dénoncent des demandes de baisse de prix inconsidérées
L’Ilec, qui représente les grandes marques de l’agroalimentaire, a communiqué le 27 février sur seulement 10 % de signatures d’accord. « Ce qui coince, c'est la distribution qui demande des baisses de prix de manière complètement inconsidérée par rapport à la réalité économique des entreprises. Les entreprises ont un peu d'inflation sur leur coût de production et aujourd'hui, on fait face à des distributeurs qui demandent des baisses, des baisses, des baisses, des baisses... », a expliqué Nicolas Facon, patron de l'Ilec, sur RMC.
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Du côté de l’Ania, Jean-François Loiseau, sur France Info en début de semaine alertait « attention aux opérations de communication ! Entre le produit agricole et le produit alimentaire, il y a une chaîne de transformation… nous avons besoin de transformation, et que ce soit rémunéré au juste prix ».
« attention aux opérations de communication ! »
Il continuait « toutes les entreprises, petites ou grandes sont prises dans le même carcan de quelques distributeurs qui ne respectent pas les lois Egalim ».
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Menaces de déréférencement
Enfin chez Pact’alim (ex Adepale), un sondage du 17 février pointait que pour 70 % des entreprises adhérentes, « les relations sont très dégradées par rapport à l’an dernier » et 80 % d’entre elles constatent « une dégradation de la prise en compte des coûts des matières premières », avec « un taux de menace de déréférencement qui a doublé ».
Le gouvernement appelle à sanctionner
« C’est la première année où je vois une tension extrême, … beaucoup de violence », s’exprimait Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, hier sur BFM TV, constatant du côté de l’agroalimentaire « des équipes épuisées physiquement et psychologiquement ». Elle dénonce la dichotomie de l’attitude des distributeurs qui signent des chartes mais « font une pression très forte sur les prix avec des négociations qui se font en dehors de la France ». Le gouvernement va demander à la DGCCRF d’intervenir, prévenant « il faut sanctionner »
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