La spéculation s'intensifie sur le soja
Le complexe soja est entré dans une phase hautement volatile. Après avoir enregistré une hausse importante du fait de l'étroitesse des disponibilités nord-américaine et de la baisse des prévisions de récolte au Brésil, les cours à Chicago ont dévissé de 6 % la semaine dernière en raison d'inquiétudes sur la santé de l'économie chinoise. Ce sont tout d'abord des rumeurs faisant état de l'annulation de cargos, entre 15 et 40 selon les sources, qui ont plombé l'ambiance, sans confirmation pour l'heure. Plus globalement l'économie mondiale s'interroge sur la santé de l'économie en Chine. Les cours du cuivre qui sont un bon indicateur sont au plus bas depuis quatre ans. Le Financial Times qui fait autorité dans le domaine de l'économie mondiale titrait la semaine dernière sur un syndrome Lehman Brothers en Chine suite au défaut de paiement d'un important producteur d'acier. Plus sérieusement, le taux de croissance qui était en Chine de 15 % en 1992 est tombé à 8 % en 2013 et l'objectif gouvernemental est fixé à 7,5 % en 2014. En ce début de semaine c'est une autre rumeur, climatique celle-là, qui vient stopper la baisse et permet aux cours de se consolider.
Résurgence d'El Niño ?La planète des matières premières agricoles se fait l'écho de façon de plus en plus insistante de l'éventuelle résurgence du phénomène climatique El Niño qui peut endommager de nombreuses cultures et donc faire grimper les cours. Aucune certitude pour le moment, mais des spécialistes météo s'interrogent sur la présence de signes avant-coureurs de la catastrophe. Dernier pays en date à avoir tiré la sonnette d'alarme, la Malaisie, géant producteur de l'huile de palme qui voit une probabilité accrue que le phénomène survienne après le printemps. Selon Les Échos, une équipe de chercheurs allemands et israéliens estime à 75 % la probabilité d'un retour d'El Niño fin 2014.
Le colza continue pour sa part de s'inscrire dans le sillage du soja et fait un retour à la baisse avant de se stabiliser, il a perdu une dizaine d'euros en huit jours. Les fondamentaux sont pourtant différents de ceux du soja et l'Europe a besoin de graines alors que les disponibilités pour cette campagne s'épuisent. Le marché a été attentif la semaine dernière à la décision prise par le gouvernement fédéral canadien d'imposer par la loi aux deux compagnies ferroviaires du pays un minimum de 500 000 tonnes à transporter par compagnie et par semaine pour amener les graines dans les ports. Ceci afin que les récoltes records de céréales et de canola puissent retrouver le chemin de l'export.