La prudence est de mise
Un timide rebond est à noter cette semaine sur le marchés des céréales, les fonds revenant avec prudence aux achats. Si les cours actuels du blé restent attractifs pour les acheteurs internationaux sur le marché physique, c’est l’orge qui demeure la vedette.
Période du 21 au 27 septembre. Alors que depuis notre dernière chronique, l’effritement des cours s’était poursuivi sous la pression des marchés financiers et au mépris des fondamentaux, la semaine 39 démarre sur un timide rebond, toujours dans la mouvance des places boursières. Les fonds qui s’étaient beaucoup dégagés de leurs positions longues sont revenus avec une grande prudence aux achats, l’œil rivé sur l’humeur des Bourses financières et dans l’attente d’un nouveau rapport de l’USDA que certains analystes prévoient plus optimiste en matière de cultures et de stocks et donc, potentiellement baissier.
Quant au marché physique, il reste lui aussi en prise avec les marchés à terme, même s’il se montre un peu plus résistant, les capacités d’échanges étant globalement favorables. Les cours actuels du blé restent attractifs pour les acheteurs internationaux et même si le blé russe continue de monopoliser quelques grands débouchés comme l’Égypte, la France consolide jusqu’à présent sa clientèle traditionnelle, en particulier l’Algérie qui s’est portée aux achats de 400 000 t la semaine dernière. Sur le marché intérieur français, ce sont plus les vendeurs que les acheteurs qui sont revenus au marché.
L’article vedette demeure l’orge en raison d’une demande toujours soutenue à l’exportation ; l’orge fourragère affiche aujourd’hui des prix nettement supérieurs à ceux du blé, à 196 euros, rendu Rouen. En revanche, au niveau actuel des cours, les Fab ne se manifestent que pour des achats de couverture.
Estimations records des productions
Les nouvelles estimations d’offre et de demande mondiales de céréales ont été corrigées à la marge par le dernier rapport du Conseil international des céréales. La production toutes céréales atteindrait 1,8 milliard de tonnes, dont 679 millions de tonnes (Mt) de blé, qui retrouve le niveau élevé de 2009-2010, et 845 Mt de maïs, toujours un chiffre record bien que réduit de 4 Mt par rapport aux estimations d’août ; la prévision de consommation de blé est peu modifiée, non plus que le stock, passant de 191 à 193 Mt. Pour le maïs, la consommation est réduite de 5 Mt, à 853 Mt, mais la prévision de stock final n’est relevée que de 1 Mt, à 119 Mt, stock le plus bas de ces cinq dernières années, 8 Mt de moins que la dernière, mais inférieur de 29 Mt à 2009-2010. En conclusion : un marché du blé confortablement approvisionné et un marché du maïs tendu, avec ce que cela comporte de rapport inhabituel des prix entre le maïs et le blé.
En revanche, en France, les premiers chantiers de récolte de maïs se sont ouverts dans d’excellentes conditions et les 15 Mt annoncés par l’AGPM devraient être largement atteints. Les pronostics sont bons également pour l’Italie, plus réservés pour l’Europe centrale. Les cours du maïs français se sont consolidés ces derniers jours.