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SIA 2023 : Les trois volets du plan de soutien à l’agroalimentaire et les réactions des professionnels

Ce 3 mars, les ministres Marc Fesneau et Roland Lescure réunissaient le comité stratégique de l’agroalimentaire dans le cadre du salon international de l’agriculture pour leur présenter les trois volets d’un plan de soutien au secteur.

Roland Lescure, ministre délégué à l'industrie, a présenté le 3 mars matin le plan de soutien à la filière agroalimentaire.
© Gouvernement

Mis à jour le 3 mars à 16h02 avec les réactions des fédérations

Evoqué depuis le début de l’année 2023, le plan de soutien au secteur de l’agroalimentaire a été officialisé ce 3 mars par les ministres Marc Fesneau et Roland Lescure dans le cadre du comité stratégique de la filière qui s’est tenu au salon de l’agriculture.

La filière a été entendue sur ses difficultés conjoncturelles liées notamment à la crise énergétique, à l’inflation, mais également sur ses difficultés plus structurelles qui entraînent une baisse de compétitivité de la première industrie française.

Le plan comporte trois volets :

  • 1-un soutien à court terme pour la trésorerie

La hausse des coûts de production, des factures énergétiques, la gestion des stocks, de la logistique n’ont fait que peser sur la trésorerie des industriels de l’agroalimentaire ces derniers mois. Léonard Prunier, président de la Feef, nous en parlait récemment, évoquant quelques mises en redressement judiciaire pour passer le cap difficile de 2023. Ce contexte s’ajoute à la grande difficulté pour les PME et ETI de passer des hausses lors des négociations commerciales. Le gouvernement s’apprête ainsi à mettre en place un report de charges fiscales sur justification de la situation de l’entreprise, ainsi que des délais de paiement pour les charges sociales.

  • 2- relancer la dynamique à l’export

A plus long terme et pour répondre à l’érosion de l’excédent commercial de l’agroalimentaire français, le gouvernement va lancer le dispositif « booster industrie agroalimentaire », afin de soutenir les entreprises qui souhaitent se lancer à l’export.  

  • 3- soutien à l’investissement avec un fonds de 500 millions d’euros

Par ailleurs, un fonds de 500 millions d’euros constitué d’investisseurs privés et publics sera lancé, afin de soutenir la croissance des PME agroalimentaires, de pousser à la consolidation du secteur, et d'inciter aux investissements autour de la robotisation et de la décarbonation. Sur ce dernier point, le gouvernement va abaisser le seuil d’investissement minimal afin que les petites entreprises de l’agroalimentaire puissent déposer un dossier dans le cadre des prochains appels à projets « décarbonation ».

 

Quelles réactions ?

L’Adepale salue un plan historique en faveur des PME et ETI agroalimentaires, et se réjouit de rejoindre le comité stratégique de filières. « La création d’un fonds d’investissement public-privé et la mise en place de soutiens à la modernisation et à la robotisation, demandes de longue date de l’Adepale, vont permettre de gagner en compétitivité et d’accélérer la transition écologique du secteur », indique l’association, « les mesures du plan dédiées aux PME et ETI agroalimentaires présenté par le Gouvernement ouvrent la voie à une meilleure prise en compte des spécificités des PME et ETI françaises dans les politiques publiques et particulièrement dans le prochain contrat stratégique de filière ».

Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, estime de son côté que l'industrie agroalimentaire n'a jamais été « confrontée à autant de nécessité de transformation en termes de compétitivité, de modernisation et de réponse aux enjeux climatiques. Le Gouvernement a donné un signal positif avec les annonces du fonds de soutien aux IAA qui vont dans le bons sens pour les opérateurs, de l’amont à l’aval. Les coopératives s’engageront ainsi pleinement dans le plan France 2030. Nous avons maintenant besoin d’aller plus loin avec une méthode collective pour un nouveau Contrat Stratégique de filière alimentaire et construire une feuille de route partagée avec des engagements, de part et d’autre de l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire et avec les pouvoirs publics ».

Léonard Prunier, président de la Feef, indique que « les fabricants PME-ETI ont plus que jamais besoin de soutien pour investir, embaucher et assurer leur développement pérenne dans les territoires. Ce plan doit aussi permettre de renforcer notre compétitivité, moderniser notre outil productif et accélérer en matière de transition écologique et énergétique », en saluant l'annonce de ce plan qui « prend en compte les spécificités des PME et ETI agroalimentaires ».

Lors du comité stratégique, Jean-Paul Torris, premier vice-président de l'Ania, a rappelé que : « La 1ère industrie de France et ses entreprises, composées à 98% de PME, est aujourd’hui confrontée à des défis extraordinaires avec l’inflation et la protection de ses marges. Notre souveraineté alimentaire passera par notre compétitivité, mais cette dernière est largement en danger avec 1 point d’investissement de moins que la moyenne Européenne. Au lendemain des négociations commerciales, les chiffres laissent présager que notre industrie souffrira encore dans ses marges et donc dans sa capacité à être compétitive. On ne peut pas être fort à l’export si on est affaibli dans notre propre pays. Il va falloir soutenir toutes les entreprises, notamment les TPE/PME, pour les accompagner à investir dans les transitions numériques, sociétales et environnementales. »

 

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