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Alimentation animale
Les fabrications en légère hausse en Europe

Avec un petit +0,8 %, les fabrications européennes d’aliments pour animaux ont connu en 2018 une évolution positive qui ne devrait pas se reproduire en 2019, selon la Fédération européenne des fabricants d’aliments composés.

Du côté des aliments pour volailles, l’année 2018 enregistre un +1%, tiré par la Pologne.
© A. Puybasset

La production industrielle d’aliments pour animaux européenne a atteint 161 millions de tonnes (Mt) en 2018, soit une progression de 0,8 % par rapport à 2017 d’après les premières estimations de la Fédération européenne des fabricants d’aliments composés (Fefac). Les chiffres définitifs seront connus lors du symposium qui marquera le 60e anniversaire de l’organisation, le 6 juin 2019 à Bruxelles.

La Fefac pointe les évolutions différenciées selon les espèces animales. Ainsi, le segment des ruminants a été particulièrement touché l’an dernier par des manques de fourrages en raison de la sécheresse qui a fortement frappé l’Europe du Nord-Ouest. La progression de la demande en aliments industriels (+2,5 % en 2018) pourrait continuer à se faire sentir cette année sauf si les éleveurs décapitalisaient fortement leur cheptel.

Du côté des aliments pour volailles, l’année 2018 enregistre un +1 %, tiré par la Pologne qui affiche +5 % pour la quatrième année consécutive et par la France qui se remet des deux années d’influenza aviaire. L’Hexagone a repris des couleurs en palmipèdes même si les volumes d’aliments restent en retrait de 15 à 20 % par rapport à la meilleure année (2015). La bonne tenue des exportations de volailles et la forte réduction des importations en provenance du Brésil ont également contribué à la croissance de l’aviculture dans l’Union européenne.

L’alimentation pour les volailles reste largement en tête des productions européennes d’aliments pour animaux (55,5 Mt). Elle s’est installée durablement devant les aliments porcs (51 Mt), encore en contraction (-1 %) pour deux raisons : les bonnes récoltes de céréales dans la Péninsule ibérique qui profitent aux productions d’aliments à la ferme et la baisse du prix du porc qui a entraîné une nouvelle phase de décapitalisation dans les troupeaux de truies.

La Pologne explique la dynamique européenne

Pour la cinquième année consécutive, la Pologne s’arroge la première place en croissance (+5,5 % par an toutes espèces confondues). Parmi les principaux pays producteurs, le Royaume-Uni progresse de près de 4 %, la France et l’Italie maintiennent leurs volumes alors que l’Espagne, les Pays-Bas et l’Allemagne évoluent entre -1 et -1,5 %. Nos voisins d’outre-Rhin tiennent la première place, la France étant désormais durablement troisième derrière l’Espagne.

Les effets Brexit et zoonoses en 2019

Les experts de la Fefac sont plus pessimistes pour 2019, sous les effets conjoints du Brexit (surtout s’il s’effectue sans accord) et des zoonoses (quid de la fièvre porcine africaine et de l’influenza aviaire). Du côté des aliments ruminants, après trois années de niveau élevé liés à l’arrêt des quotas, les volumes devraient se contracter de 2 % sauf nouvelle sécheresse. Le marché du porc est influencé par la décapitalisation des naisseurs qui devrait conduire à une nouvelle baisse de 0,5 % des volumes. Quant à l’aviculture, elle reste tributaire des décisions internationales mais, si l’Union européenne parvient à suivre la croissance de la consommation de viande et à maintenir sa présence à l’exportation, alors les fabricants d’aliments devraient connaître une nouvelle hausse de 1 %.

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