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ÎLE-DE-FRANCE
Le confiseur Kubli investit dans les bonbons rétro

La fabrique à bonbons de sucre cuit Kubli, ancrée dans le sud de l’île-de-France, a transformé ses locaux à l’image de ses productions traditionnelles. Entreprise du patrimoine vivant, elle exporte à 40 %. Reportage.

« Mes banquiers me disent que j’ai assez dépensé », confie d’un air faussement coupable Gilles Duault, président-directeur général de la confiserie Kubli en région parisienne. Ce petit industriel du bonbon de sucre cuit (2,5 millions de chiffres d’affaires), installé dans la zone industrielle de Morangis (Essonne), a investi depuis 2016 1,3 million d’euros ; à la fois par nécessité et par passion. Les trois quarts de ce montant ont été investis dans la partie immobilière du site pour séduire les visiteurs et également le personnel.

La façade a été habillée de brique dans le style de la fin du XIXe siècle ; le sol a été recouvert d'une résine résistante à la corrosion du sucre dans la salle de fabrication ; les vestiaires ont été aménagés de la façon la plus confortable. Ces améliorations ainsi que l’isolation thermique et la climatisation s’imposaient. Après dix-huit mois de travaux, l’inauguration a eu lieu en ce début d’année, d’abord à l’intention des salariés et de leur famille ; puis à celle des clients. Des élus locaux étaient présents – la députée de l’Essonne Amélie de Montchalin et le maire de Morangis, Pascal Noury. Gilles Duault s’est bien gardé de préciser que sa confiserie labellisée Entreprise du patrimoine vivant n’a reçu aucune aide de collectivités locales.

Le plus gros fabricant de berlingots

Le patron, un ancien cadre commercial, avait acheté Kubli, une entreprise familiale centenaire, en 2009. Voyant la variété de matériel, les formes de mûres, de violettes, de poissons, de coquilles Saint-Jacques, etc., il avait décidé qu’il serait le spécialiste des bonbons rétro. Depuis, il met la main sur les reventes d’ancien matériel. Ayant pu racheter les murs aux anciennes propriétaires en 2014, il a voulu transfigurer la triste façade des années 1970, la « mettre en harmonie avec l’activité ». Il a dans le même élan fait carreler dans le style rétro la future boutique d’usine et installé une salle de réception pouvant accueillir des groupes. Le néoconfiseur aime recevoir des scolaires auxquels il vante la diversité des bonbons régionaux traditionnels, « une chance qu’a la France », clame-t-il.

Kubli se dit le plus gros fabricant de berlingots. Ses murs ont vu ressusciter d’une spécialité lyonnaise, les « pois au lard » : des bonbons tendres à l’anis figurant des petits pois verts parsemés de lardons. Ses clients sont en grande majorité des grossistes ; des Français comme Transgourmet, Pro à Pro, des fournisseurs de sites touristiques et beaucoup de grossistes spécialisés ; des étrangers aussi, dont le prestigieux britannique Fortnum & Mason.

40 % du chiffre d’affaires à l’export

Kubli réalise 40 % de son chiffre d’affaires à l’export. Une autre part importante de sa clientèle est constituée d’industriels. Il fournit aux chocolatiers les intérieurs d’œufs de Pâques en feuilleté-praliné. C’est une de ses activités hivernales. Une autre activité hivernale est la fabrication de bonbons au miel pour les sociétés apicoles françaises et étrangères. Cela représente 10 tonnes annuelles de bonbons au miel, sur un total de 600 tonnes.

En dépit de multiples productions sur mesure, Gilles Duault ne traite que des grands comptes. Il est le seul commercial. Certains clients sont suffisamment importants pour qu’il investisse. Il vient ainsi de se procurer un filmeuse de boîtes multiformes. Ses fournisseurs de matériel ne sont pas forcément les plus en vue. Ainsi, en matière de trieuse pondérale qui ne casse pas les bonbons, un petit équipementier français a été préféré à un leader de la technologie. Gilles Duault fait aussi fabriquer des moules originaux dans le nord de l’Italie.

Ma croissance ne dépend pas tant de mes clients que de ma capacité à produire

Le point faible de Kubli est sa difficulté à recruter et retenir des salariés. « Ma croissance ne dépend pas tant de mes clients que de ma capacité à produire, et celle-ci dépend de mon salariat », expose Gilles Duault. En 2016 il a réussi à recruter 8 personnes, portant à 25 son effectif et induisant 30 % de croissance. Les travaux de 2017 ont été une épreuve, mais au moins le confort qui en résulte va fidéliser les salariés. « Dans l’Essonne, le taux de chômage est d’environ 10 % mais j’estime que c’est le plein-emploi. Le coût du logement est celui de la région parisienne et nous n’avons pas les salaires de la pharmacie », déplore-t-il. Il constate aussi qu’un jeune doté d’un CAP de chocolatier-confiseur ira plus volontiers dans la chocolaterie.

Kubli doit accroître son activité pour rembourser ses prêts. La fabrique fonctionne avec une seule équipe de 6 heures à 13 h 30. L’objectif est qu’une seconde équipe prenne le relais l’après-midi, même s’il paraît que les travailleurs de l’industrie des environs préfèrent travailler le matin. La production pourrait s’approcher des 1 000 tonnes et porter le chiffre d’affaires à 5 millions d’euros. Gilles Duault se demande s’il faudra automatiser davantage.

Fidèle aux sucres français

Kubli achète annuellement 300 tonnes de saccharose ordinaire et 250 tonnes de sirop de glucose, respectivement à Tereos et Roquette. Des volumes qui autorisent peu de négociations. L’euro fort désavantage la PME exportatrice sur les pays tiers. Gilles Duault, le président-directeur général, pense que ses ventes hors Union européenne plafonnent à 20 % quand le cours mondial est bas et l’euro fort ; et qu’elles pourraient grimper jusqu’à 40 % dans une conjoncture favorable. Pour l’heure, il ne souhaite pas acheter en Grande-Bretagne.

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