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Bien-être animal : le paradoxe des attentes du citoyen et des actes du consommateur

Un sondage sur les Français et le bien-être animal montre à quel point les Français sont sensibles aux sujets lorsqu’on les interroge avec des questions orientées. Les tendances de marché limitent néanmoins la portée de ces déclarations.

ferme en lego
Certaines réponses au sondage sur le bien-être animal laissent penser que les Français perçoivent mal l'économie derrière les pratiques agricoles
© Virginie Pinson

La perception du bien-être animal des animaux de ferme par les Français s’est améliorée en 2023, puisque que 66 % d’entre eux considère qu’il est assuré, contre 63 % un an plus tôt, selon une étude réalisée par l’Ifop pour la Fondation 30 millions d’amis1

Lire aussi : Révision de la législation bien-être animal : les 4 reproches des ONG à Marc Fesneau

Interdire « l’élevage intensif »

Ce sondage met néanmoins en avant des réponses très catégoriques. Ainsi 84 % des sondés se disent favorables à l’interdiction de l’élevage intensif, celui-ci étant défini dans la question comme « élevage qui vise à augmenter la productivité par exemple en raccourcissant la phase de croissance ou en utilisant des espaces réduits ». Ce sont les plus âgés, les 65 ans et plus qui sont les plus partants pour cette interdiction. A noter que depuis un an en revanche, les ventes de produits bio et sous label sont pénalisées aux dépens des produits d’entrée de gamme, voir des importations. En revanche, au rayon œuf, le plein-air progresse, reflet de l’intérêt de certain consommateurs lorsque le prix portion est limité.

Lire aussi : Bien-être animal : que veulent les Européens ?  

Favoriser l’abattage à la ferme

Autre plébiscite, 83 % des sondés sont favorables à ce que les animaux soient dorénavant abattus sur leur lieu d’élevage par des professionnels qui se déplacent sur les exploitations, « pour éviter les abus dans les abattoirs ». Rappelons que les abattoirs mobiles peinent à trouver leur modèle économique en France, et les projets en cours sont longs à démarrer. Selon Agreste, la moitié des bovins abattus en France en 2022 ont parcouru un trajet de moins d’une heure trente.

90 % des Français se disent en faveur de la vidéosurveillance en abattoir, là encore, surtout les plus âgés. 

Interdire l’abattage halal

57 % des Français (dont 66 % des plus de 65 ans) se disent par ailleurs « tout à fait d’accord » avec la phrase « la pratique consistant à abattre les animaux en pleine conscience, sans étourdissements préalable, est inacceptable, quelles que soient les circonstances ». 29 % des répondants sont « plutôt d’accord ». L’abattage rituel, clairement visé dans la question, n’est pourtant pas clairement mentionné, au risque de voir une réponse biaisée. 

Interdire le transport des animaux vivants

91 % des répondants se déclarent favorables à une interdiction du transport des animaux vivants à travers l’Europe « et pendant plusieurs heures ». Là encore, on peut noter que la question est posée de manière à mettre en avant que le ce transport « engendre stress, blessures et maltraitance ». A noter que la Commission européenne examine la révision des normes de transport d’animaux vivants.

Lire aussi : Fin des exports d’animaux vivants : la Nouvelle-Zélande pourrait changer d’avis

Les jeunes, défenseurs des traditions locales

A la question, « faire souffrir les animaux au nom de certaines traditions locales, comme la corrida, le gavage des oies pour le foie gras (…) est-il justifié », seulement 26 % des Français répondent oui. Mais cette part monte à 37 % des 18-24 ans et 30 % des 25-30 ans. 

Lire aussi : La Suisse veut interdire le foie gras, mais les amateurs contourneront la loi

: 1 515 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, du 16 au 17 janvier 2024. 

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