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Les produits à base d’altrénogest doivent être utilisés avec précaution

L’Anses-ANMV rappelle les précautions d’emploi des médicaments à base d’altrénogest. Ils peuvent présenter chez l’homme des effets indésirables liés à leur action hormonale.

Le port de gants à usage unique est fortement recommandé pour éviter tout contact entre le produit et la peau. © D. Poilvet
Le port de gants à usage unique est fortement recommandé pour éviter tout contact entre le produit et la peau.
© D. Poilvet

L’altrénogest est un progestatif synthétique, disponible sur prescription vétérinaire pour la gestion des chaleurs chez les équidés et les porcins. Pour la filière porcine, plusieurs médicaments contenant de l’altrénogest sont autorisés en France : Regumate, Altresyn, Virbagest et Synchroplan. Plus de 80 % des élevages français les utilisent, essentiellement pour assurer la synchronisation des chaleurs des cochettes nouvellement introduites dans les bandes. Ce sont en moyenne près de 320 000 animaux qui sont traités avec ces produits chaque année. Comme tous les progestatifs de synthèse, l’altrénogest peut entraîner des effets indésirables chez la personne qui administre régulièrement le traitement. Ainsi, en cas de contact répété, les symptômes possibles, tels que rapportés dans les notices des produits autorisés et via les remontées du terrain, sont les suivants :

- Chez la femme : risques d’interruption ou de perturbation du cycle menstruel, de contractions utérines ou abdominales, d’augmentation ou de diminution des saignements utérins, de prolongation de la grossesse ;
- chez l’homme : baisse de libido ;
- chez les deux sexes : également des signes moins spécifiques comme des maux de tête, de la fièvre, des douleurs abdominales, des nausées, de la diarrhée, des vomissements et de l’urticaire.

Un rapport de la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis, datant de juillet 2018, mentionne 130 cas d’exposition accidentelle à l’altrénogest entre octobre 1987 et mai 2018. En France, les déclarations d’effets indésirables chez l’homme sont moins nombreuses (depuis 2002, seulement huit cas, dont cinq cas dans la filière porcine, ont été enregistrés dans la base de pharmacovigilance vétérinaire de l’Anses-ANMV, ou par les centres antipoison français ou par la Mutualité sociale agricole), sans pour autant que cela signifie que le risque est moindre. Quel que soit le pays concerné, un phénomène de sous-déclaration des cas est très probable. En effet, les symptômes sont souvent peu spécifiques et le rôle du médicament vétérinaire est donc rarement suspecté. Ainsi en France, environ 30 % des employés d’élevages porcins travaillant en maternité sont des femmes. Celles-ci administrent régulièrement le produit, alors que nombre d’entre elles suivent concomitamment une contraception hormonale, qui, comme l’altrénogest, peut être à l’origine de perturbations des cycles menstruels. Le lien avec le médicament vétérinaire n’est donc pas spontanément envisagé par l’utilisatrice et par le médecin consulté. Même dans le cas où il est évoqué, déterminer la part de chaque produit dans les signes rapportés demeure complexe.

Éviter les contacts directs avec la peau

Les précautions d’usage énoncées dans la notice des produits à base d’altrénogest doivent donc être scrupuleusement respectées. Ainsi, les femmes enceintes ou susceptibles de l’être ne doivent pas administrer le produit, et les femmes en âge de procréer doivent éviter tout contact avec celui-ci. De plus, ces médicaments ne doivent pas être manipulés par des personnes présentant des tumeurs progestérone-dépendantes connues ou suspectées ou des troubles thromboemboliques (1). La voie d’exposition principale au produit est cutanée. Par conséquent, tout contact direct avec la peau doit être évité, et l’utilisateur doit ainsi porter des vêtements de protection (gants et vêtements couvrants) pendant la manipulation du produit. Une attention particulière doit être portée sur les gants. En effet, le produit peut passer au travers de gants poreux comme ceux en latex. Dans ce cas, le risque d’absorption transcutanée est fortement augmenté car la peau étant couverte par un matériau occlusif, la pénétration du produit est ainsi favorisée. Il est donc recommandé d’utiliser des gants en vinyle, néoprène ou nitrile intacts, et à usage unique afin d’éviter une contamination cutanée lors de la réutilisation des gants déjà souillés par le produit. Lors d’aspersion accidentelle, la peau doit être lavée immédiatement à l’eau claire et au savon. En cas de contact accidentel avec les yeux, il est nécessaire de rincer abondamment à l’eau durant environ 15 minutes. Enfin, dans tous les cas, l’utilisateur doit se laver les mains après le traitement.

(1) Trouble thromboembolique : formation d’un caillot dans une veine altérant la circulation sanguine.

En savoir plus

Comment déclarer les suspicions d’événements indésirables

La déclaration des événements observés peut se faire via le vétérinaire qui suit l’élevage ou directement par l’éleveur notamment par internet :

Déclaration d’un effet indésirable chez l’homme : https://signalement.social-sante.gouv.fr/psig_ihm_utilisateurs/index.ht…
Déclaration d’un effet indésirable chez l’animal : https://pharmacovigilance-anmv.anses.fr/

Il est important de remplir la déclaration de la façon la plus précise et la plus détaillée possible, afin de permettre une exploitation optimale des données. S’ils sont disponibles, les examens de laboratoire, rapports d’autopsie, photos ou toute autre donnée pertinente doivent être joints au dossier, et les diagnostics différentiels plausibles pris en considération.

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