Comprendre le comportement des porcs aide à mieux répondre à leurs besoins en élevage
Le porc se caractérise comme une espèce sociable où les interactions entre individus sont fréquentes. Connaître le comportement des porcs en général et le comportement social en particulier permet de répondre au mieux à leurs besoins en élevage.
Le porc se caractérise comme une espèce sociable où les interactions entre individus sont fréquentes. Connaître le comportement des porcs en général et le comportement social en particulier permet de répondre au mieux à leurs besoins en élevage.

Tout au long de leur vie, les porcs sont engagés dans une diversité de comportements sociaux qui visent à assurer la reproduction et la mise en autonomie des petits, ainsi qu’à organiser et faciliter la vie du groupe. Parmi les comportements sociaux on retrouve les comportements maternels et toutes les autres interactions entre animaux, qu’elles soient positives ou négatives.
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L’importance du comportement maternel de la truie
Les comportements maternels de la truie visent à préparer la naissance des porcelets et faciliter leur développement. Cela passe par le comportement de nidification, avec la manipulation de matériaux pour faciliter des mises bas calmes et limiter les risques d’écrasement.
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Par la suite, la position de la truie va conditionner la qualité des allaitements : un couchage sur le côté, une bonne exposition de la mamelle, une extension des pattes facilitent l’accès aux tétines. Si les allaitements sont d’abord initiés par la truie, les porcelets prennent le relais dès la deuxième semaine dans la moitié des cas et déclenchent la plupart des tétées avant la phase de sevrage. Dans les deux cas, il y a communication orale entre la truie (grognements) et les porcelets (vocalises) ainsi que des massages de la mamelle par les porcelets dans la préparation et le déclenchement de l’allaitement. Outre les vocalisations, la truie communique avec les porcelets – et vice versa – par des contacts de groin à groin. Ces formes d’interactions favorisent la reconnaissance des porcelets et ont pour objectif de prévenir et de les écarter avant qu’elle ne se couche. Avec la diffusion des cases de mise bas liberté et la réduction des périodes de contention en maternité, mieux connaître ces formes de communication et favoriser leur expression va devenir essentielle.
Une organisation sociale se met en place dans tous les groupes de porcs. Cela démarre après la naissance avec l’établissement d’un ordre de tétée, puis à chaque fois qu’un nouveau groupe est constitué. Au début, un ordre hiérarchique se crée. Cela passe par des comportements d’agression (combats, coups de tête) et de soumission entre une partie des porcs, et des stratégies d’évitement pour les autres. La hiérarchie établie, ces agressions cessent. Elles pourront par la suite se manifester si l’accès à des ressources convoitées est limité, comme par exemple un problème d’accès à l’eau ou à l’aliment. Cette phase d’agression est inévitable et l’enjeu est d’en réduire les conséquences en limitant le nombre et l’intensité des combats. Différentes possibilités : permettre une sociabilisation précoce en maternité, limiter les mélanges au cours de la vie des animaux, avoir des groupes d’animaux de gabarits variés – les plus gros étant souvent « naturellement » les dominants – que ce soit pour les porcs charcutiers ou pour les truies. Des partitions de la case et plus d’espace pour faciliter la fuite et la soumission peuvent aussi être envisagés. La cohésion du groupe est ensuite maintenue par un ensemble d’interactions positives, flairages, contacts via le groin, et la création de liens d’affinité selon des modalités qui sont encore mal connues. Mieux comprendre les relations entre les porcelets et les truies, entre porcs de même stade, pourrait permettre à l’avenir de mieux gérer les groupes et réduire les stress sociaux.
Valérie Courboulay valerie.courboulay@ifip.asso.fr
Le saviez-vous
Si initialement l’expression utilisait en vieux français le mot « soçon ou sochon » (compagnon, associé) elle a basculé vers l’utilisation du mot cochon, phonétiquement proche. Elle fait référence à la familiarité entre individus, au partage d’expériences et finalement va bien au porc qui se caractérise comme une espèce sociable, grégaire, où les interactions entre individus sont fréquentes et l’effet de groupe marqué.
Coté biblio
Cet article s’est inspiré de la publication Caractéristiques et besoins physiologiques et comportementaux du porc Sus scrofa domesticus, téléchargeable sur le site internet du centre national de référence pour le bien-être animal.