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Rendez-vous de l’ovin en Poitou-Charentes
Des solutions pour travailler moins

La thématique du travail fait partie des priorités du programme Inn’ovin qui se met en place sur le terrain. En Poitou-Charentes, des rendez-vous de l’ovin ont été organisés pour sensibiliser éleveurs et apprenants.

Pour relancer l’installation et favoriser la productivité, le travail reste une problématique récurrente en élevage ovin mais nous voulons montrer qu’il existe des solutions, explique Guy-Gérard Merlande, coprésident du comité d’orientation ovin régional de Poitou-Charentes. Nous avons entamé une démarche pour obtenir un certificat de qualification professionnelle en élevage ovin et avoir des salariés qui soient vraiment bien formés aux problématiques de terrain de notre production. » Des rendez-vous de l’ovin sur le thème de l’emploi ont aussi été organisés dans le cadre d’Inn’Ovin, dans les Deux-Sèvres à l’automne et dans la Vienne le 14 mars pour sensibiliser les éleveurs et les jeunes en formation. « Après cinq ans à travailler dans le commerce, j’ai décidé de me réorienter dans l’élevage et je suis actuellement en CS ovin, explique une étudiante. Je pense travailler comme salariée après mon CS et pourquoi pas un jour m’installer. Ces rencontres sont donc une bonne occasion de me renseigner, nouer des contacts… »

Prendre un salarié était une évidence

Victor Leglantier, jeune éleveur de 24 ans, accueillait les participants sur son exploitation à Saulgé dans la Vienne. « Mes parents font des céréales et de l’arboriculture dans la Marne mais j’ai toujours voulu faire de l’élevage", a-t-il témoigné. Il reprend donc cette exploitation de polyculture élevage dans la Vienne en 2014. Mais le précédent exploitant s’était déjà séparé de la troupe ovine et du matériel. « Je ne connaissais personne dans la région et il n’y a pas eu de période de transition avec le cédant. Il y avait un salarié sur la ferme avant mon arrivée. Je l’ai donc rappelé et je l’ai embauché à mon tour. J’avais besoin de quelqu’un qui connaisse la ferme et l’élevage ovin car je n’avais pas fait ma formation dans ce domaine. Sur l’exploitation familiale en arboriculture, nous avons toujours eu beaucoup de main-d’œuvre, donc ça m’a paru une évidence de prendre un salarié. Je pense que c’est indispensable en élevage car il y a toujours des choses à faire et, seul, on ne pourrait jamais s’absenter. Il sait ce qu’il a à faire sans que j’aie besoin d’être là pour lui dire et nous échangeons sur les décisions importantes concernant l’élevage. » Laurent Fleurat, 46 ans, a été salarié pendant 10 ans sur l’exploitation du lycée agricole de Montmorillon où il tournait sur toutes les productions ce qui lui permet d’être assez polyvalent. « L’élevage pour moi, ce n’est pas un travail, c’est une passion. J’aime être au grand air avec les animaux. Même si, en agriculture, il ne faut pas compter ses heures. » S’installer, il y a pensé, mais après des tentatives qui n’ont pas abouti, il n’a pas de regret. « J’avais un projet caprin mais quand je vois par où les éleveurs sont passés et certains projets qui n’ont pas tenu je me dis que c’est aussi bien ainsi. »

Une bourse à l’emploi pour trouver chaussure à son pied

Des outils existent pour aider les éleveurs à trouver un salarié. L’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (Anefa) accompagne les agriculteurs dans le processus de recrutement. « Nous les aidons à définir une fiche de poste et à diffuser l’offre et nous pouvons aussi présélectionner les candidats, explique Khadija Zeghloul de l’Adefa de la Vienne. Nous avons créé une bourse à l’emploi, sur internet, pour permettre aux employeurs et salariés de trouver un profil qui corresponde à leur besoin. » L’Adefa peut également aider les éleveurs qui recherchent une compétence particulière à trouver la perle rare ou à mettre en place une formation pour un salarié. « Mais nous avons besoin de connaître vos besoins pour y répondre ! » L’association a encore peu d’éleveurs ovins adhérents. Les résultats économiques des éleveurs pendant les années de crise ne les incitaient pas à recourir à de la main-d’œuvre jusqu’à la fin des années 2000. Et quand les résultats s’améliorent, le premier réflexe est souvent d’investir dans du matériel. « Il y a un enjeu à faire prendre conscience aux éleveurs que la main-d’œuvre n’est pas qu’un coût mais génère des gains réels. »

Des solutions pour embaucher sans contraintes

Pour des besoins en main-d’œuvre ponctuels, il existe des solutions souples permettant à l’éleveur de ne pas être directement employeur et le soulageant des formalités administratives. Ainsi le service de remplacement met à disposition des éleveurs des agents pour des missions de courte durée. Le service de remplacement est l’employeur. Il s’occupe des démarches administratives et c’est aussi lui qui est responsable en cas d’accident. Si on pense au service de remplacement en cas de maladie ou de congés, on peut aussi y avoir recours pour un complément de main-d’œuvre en cas de surcroît temporaire de travail. Le système est souple et flexible. Les agents se déplacent à partir d’un minimum de deux heures de travail et la durée prévue du remplacement peut être modulée en cours de route si l’absence ou le chantier pour lequel l’agent a été mobilisé dure moins longtemps que prévu. Il est aussi possible de choisir son remplaçant. « Mais les agents ne connaissent pas l’ovin » objectent quelques éleveurs. « C’est un cercle vicieux, regrette Roxane Boisson, du service de remplacement de la Vienne. S’il y avait plus de demande, nous pourrions mettre en place un salarié spécialisé ovin ».

Complémentaire du service de remplacement, le groupement d’employeurs permet quant à lui de faire face à un besoin de main-d’œuvre à temps partiel plus régulier. Chaque employeur s’engage sur un nombre d’heures à l’année. « Pour ma part, je me suis engagé pour 400 heures, témoigne Jean-François Marteau, membre du groupement d’employeurs des Deux-Sèvres. Je prends le salarié un jour par semaineTous les trois mois, nous nous regroupons pour établir un planning. » Un animateur terrain prospecte pour trouver des exploitants intéressés et permettre aux salariés du groupement de travailler à temps plein. Là encore, le groupement se charge de l’administratif.

Le salarié, indispensable en élevage

Des prises en charge négociées

Dans la Vienne, l’adhésion au service de remplacement coûte 50 euros par exploitation ou 70 euros en cas de société avec plusieurs chefs d’exploitation. Le remplacement est ensuite facturé 20,50 euros par heure tout compris. Mais il existe des prises en charges pour certains motifs de remplacement. Par exemple, pour partir en vacances, les agricultures ont droit à un crédit d’impôt permettant de déduire 50 % des frais de remplacement pour 14 jours par an. De même une prise en charge partielle existe pour les journées de formation (jusqu’à 5 jours) et les mandats professionnels ou syndicaux (15 à 20 jours), à hauteur de 105 euros par jour pour les moins de 40 ans et 70 euros pour les plus de 40 ans.

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