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Fruits et légumes transformés : ce qu’il faut retenir de l’année 2023

La demande des industriels en fruits et légumes transformés est en repli en raison de la baisse de la production. Les Français déconsomment la plupart de ces produits dans un contexte d’inflation même si on constate quelques exceptions. En RHD, les chiffres, notamment en bio, sont plus optimistes.  

32 % des légumes et 23 % des fruits produits en France sont destinés à la transformatio
© Virginie Pinson

Les producteurs sont de moins en moins enclins à s’engager dans la production de fruits et légumes à destination de la transformation”, constate Pauline Bourcier, responsable des études économiques de l’interprofession des légumes en conserve et surgelés (Unilet), à l’occasion d’un webinaire. Ce sont les bouleversements de l’année 2022 qui ont fait l’année 2023. A savoir, une forte hausse des coûts de production (+87 % pour les engrais et amendements en 2022 sur un an, +80 % pour le gazole non routier), des aléas climatiques (sècheresse et chaleur, gel). Les surfaces implantées ont reculé de 4,4 % par rapport à 2021. 

186 entreprises constituent le tissu de l’industrie de la transformation de fruits et légumes en France avec un chiffre d’affaires de 4 570 M€ en 2022, année inflationniste (+13 % comparé à 2021). 

Source: Données 2022 consolidées issues d’enquêtes internes et enquêtes EAPC

Des industriels moins demandeurs  

Près de 1,6 millions de tonnes de fruits et légumes destinés à la transformation ont été livrés aux usines, 8,5% de moins qu’en 2022. La fabrication industrielle a affiché un repli pour plusieurs légumes.  

Sources : AFC, ANICC, SONITO, SVFPE, UNILET

Depuis 2019, la part de chaque produit dans les fabrications globales de légumes transformés est relativement stable. 

Sources : AFIDEM, ANIBI, BIP, UNIJUS, EAPC 2022 compotes et confitures , Eurostat 2023

En fruits, la part de fabrication dans le chiffre d’affaires de la filière est relativement stable depuis l’année 2019. 

Pas d’amélioration au cours de l’année 2023. “Après une nette diminution des volumes fabriqués en 2022, les industriels font face à un double enjeu : la nécessité de reconstituer leurs stocks et la hausse des coûts de production qui ne semble pas s’essouffler”, remarque Pauline Bourcier. 

Baisse de la consommation à domicile 

De leur côté, les consommateurs achètent moins de fruits et légumes transformés en raison de l’inflation. Le prix du sachet d’haricots verts surgelé 1 kg a augmenté de 5% en décembre 2022 comparé à décembre 2021 et a atteint 1,69 €/kg. Mais les achats de légumes en conserve progressent de 2 % en 2022 comparé à 2021. Même tendance en confiture, + 0,4%. 

La restauration collective constitue le principal débouché des conserves et des surgelés. Les achats sont stables en légumes en conserve et progressent en surgelé.  

En compote aussi, les achats des ménages se contractent, depuis 2020, parallèlement à une hausse du prix moyen. D'autre part, “en valeur, la baisse des volumes n’est pas compensée par la hausse des prix puisque les sommes dépensées pour 100 ménagés sont aussi en baisse”, observe Victoire Cassignol, directrice générale de l’interprofession des fruits et légumes (Anifelt). Notons enfin “que le marché des compotes était essentiellement tiré par le développement du “sans sucre ajoutés” ces dix dernières années. Il semble désormais y avoir une stabilisation des catégories AVEC et SANS, avec un prix moyen inférieur pour la gamme de compotes allégées”.  

Jus et nectars profitent de la reprise de la restauration commerce. Leurs achats ont enregistré une hausse de 13% en 2022 par rapport à 2021.  

Les fruits et légumes bio gardent le cap en RHD 

La consommation à domicile de fruits et légumes transformés bio marque le pas en 2022 après plusieurs années de croissance. Le marché du bio de son côté reste dynamique en RHD tirée par la loi Egalim. “Le bio représente désormais 19% des achats des collectivités de légumes en conserve et 16 % des achats de légumes surgelés (en valeur, en 2022), explique Pauline Bourcier.  

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