L’état corporel des cochettes conditionne leur longévité
Les cochettes maigres à la première mise-bas sont réformées plus précocément et ont une productivité moins élevée que leurs congénères plus grasses à ce stade, selon une étude de Rezoolution présentée aux Journées de la recherche porcine.
Les cochettes maigres à la première mise-bas sont réformées plus précocément et ont une productivité moins élevée que leurs congénères plus grasses à ce stade, selon une étude de Rezoolution présentée aux Journées de la recherche porcine.

Une étude de la société de conseil Rezoolution (Noyal-Pontivy, Morbihan) dans un élevage de 1 000 truies démontre que les cochettes, dont l’épaisseur de lard dorsal (ELD) mesuré aux ultrasons (Renco) est inférieure à 15 mm à la première mise bas, ont une carrière significativement plus courte que les truies en état (15 à 20 mm d’ELD) et les plus grasses (plus de 20 mm).
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En chiffres, cela donne un rang moyen de réforme de 3,5 pour les cochettes maigres, 4,2 pour les cochettes en état et 4,4 pour celles ayant plus de 20 mm à la première mise bas (l’écart de valeur entre les cochettes en état et grasses n’est pas significatif). « La différence est liée en particulier au taux de réforme observé après la première mise bas », explique Charlotte Teixeira-Costa, ingénieure d’études à Rezoolution. 21 % des cochettes maigres à leur première mise bas ont été réformées dès leur premier sevrage, contre 16 % chez les cochettes en état et 13 % des cochettes grasses. « Cet effet est encore plus marqué lorsque l’ELD est inférieure à 12 mm. »

Cette différence se traduit par une prolificité et une productivité cumulées sur la carrière des truies plus faibles pour les cochettes maigres à la première mise bas : 42,03 nés totaux et 33,72 sevrés, contre 49,37 nés totaux et 39,30 sevrés pour les cochettes en état. Les performances des truies grasses à la première mise bas se rapprochent de celles en état (47,76 nés totaux et 36,50 sevrés sur leur carrière).
13 mm d’ELD à la première mise bas
Sur la base de ces résultats, Rezoolution préconise aux éleveurs une ELD au moins égale à 13 mm pour les cochettes à l’entrée en maternité. « Ce minimum semble souhaitable pour garantir aux truies une longévité et une productivité optimales au cours de leur carrière », selon l’ingénieure.
Pour autant, elle estime que ces résultats ne sont pas extrapolables en l’état à d’autres situations d’élevage. « Ils soulignent surtout l’importance d’un monitoring de l’état corporel dans la préparation des cochettes afin de leur assurer une carrière longue et une productivité optimale », conclut-elle.
Un modèle pour prédire le risque de mort-nés
Le groupe Rezoolution a mis au point un modèle de prédiction du risque pour une truie d’avoir des mort-nés. Il inclut trois facteurs de risque significatifs : le rang de portée de la truie, le taux de mort-nés et le nombre de nés totaux à la mise bas précédente. En complément de ce modèle, l’importance de l’épaisseur de lard dorsal, en particulier chez les truies âgées, est à prendre en considération. La précision du modèle est de 72 %, un niveau jugé élevé pour une étude dans laquelle peu de paramètres sont pris en compte. Mais un modèle avec davantage de variables aurait compliqué sa mise en œuvre. Une application est en cours de développement pour que les éleveurs puissent établir pour chaque bande la liste des truies à risque, afin d’accentuer les mesures de suivi de ces truies pour réduire la mortinatalité.