Aller au contenu principal

La pression zéro pour mieux gérer l’ambiance des bâtiments de porcs

La ventilation à pression zéro offre de nombreuses possibilités de pilotage de l’ambiance en élevage de porc, notamment dans les bâtiments ouverts ou lors de périodes de canicule.

bâtiment porc sur paille
Dans un bâtiment alternatif, l'air entre également par une cheminée équipée d'un déflecteur. Il sort par les ouvertures (accès vers la courette, filet brise vente...)
© Ifip

La ventilation à pression zéro est une technique intéressante pour les nouveaux concepts de bâtiments ouverts, fermés ou pouvant intégrer à terme un accès à l’extérieur. Elle consiste à souffler de l’air dans la salle avec un ventilateur tout en aspirant la même quantité d’air à un autre endroit de la salle avec un autre ventilateur. 

Lire aussi : Comment optimiser les réglages de la ventilation centralisée en porc

L’air est pompé en toiture puis est soufflé sur une assiette permettant une projection à 360 degrés. Pour que ce type de concept fonctionne, il est primordial de correctement positionner les points d’entrée et d’extraction de l’air selon la géométrie de la salle. L’objectif est d’avoir une répartition uniforme de l’air entrant.

 

 
Dans un bâtiment à pression zéro, le cyclage de l'air permet d'éviter la retombée d'air froid sur les animaux en début de lot ou en période hivernale.
Dans un bâtiment à pression zéro, le cyclage de l'air permet d'éviter la retombée d'air froid sur les animaux en début de lot ou en période hivernale. © Ifip

Gestion efficace des coups de chaleur

La ventilation à pression zéro est généralement installée dans des bâtiments en grand volume. De ce fait, en été, le volume d’air disponible est plus important ce qui peut réduire ou ralentir les coups de chaleur dans le bâtiment. De plus, le système d’entrée d’air peut créer de la vitesse d’air sur les animaux lorsque la salle atteint une température critique. Cela a un effet direct sur la température ressentie par les animaux en période chaude.

 

 
ventilation bâtiment porc
L'air entre dans la salle par la cheminée noire. Il est diffusé horizontalement, puis est extrait par une autre cheminée (blanche). © Ifip

On estime qu’au-delà d’une vitesse d’air de 0,2 m/s sur le dos des animaux (vitesse à peine perceptible), chaque 0,1 m/s supplémentaire permettra de réduire la température ressentie du porc de 1 °C. Ainsi, si la vitesse de l’air est proche de 1 m/s sur les animaux, la température qu’ils ressentiront sera proche des 22 °C quand la température de l’air est de 30 °C. Il s’agit d’un des systèmes les plus efficaces pour lutter contre les coups de chaleur. Si cela ne suffit pas, il est possible de pulvériser de l’eau au contact de l’air chaud entrant grâce au positionnement d’une couronne de brumisation au niveau de l’assiette.

Côté web

L’Ifip est pilote du projet BâtiPorc C4E cofinancé par le fond Casdar et en partenariat avec les chambres d’agriculture de Bretagne et de Pays de la Loire. Après différentes visites en élevage sur le thème des nouvelles générations de bâtiment, une plate-forme web a été mise en place pour télécharger des fiches techniques afin d’accompagner les éleveurs et leurs conseillers dans leur futur projet. Pour y accéder et découvrir, notamment, les fiches sur la gestion de l’ambiance, flashez le QR code.

 

 
La pression zéro pour mieux gérer l’ambiance des bâtiments de porcs
© Ifip

Les + et les - de la ventilation à pression zéro :

+

Meilleure maîtrise des circuits d’air et suppression des entrées d’air parasite du bâtiment grâce à l’air pulsé en milieu de bâtiment.
Meilleure gestion des coups de vent et pilotage du renouvellement d’air du bâtiment de manière précise et constante dans le temps.
L’air pulsé au contact de l’aire paillée permet d’évacuer sa chaleur en été et son excès d’humidité en hiver. La gestion de la litière et les apports de paille sont ainsi mieux maîtrisés.

Investissement dans deux systèmes de ventilateurs (entrée et sortie d’air) et consommation électrique plus importante qu’en ventilation dynamique par dépression.
Système plutôt conçu pour des bâtiments en grand volume et moins adapté pour des plafonds plats.
Ventilateurs positionnés en toiture, donc difficilement accessible en cas de SAV ou de maintenance

Gérer les périodes froides en recyclant l’air ambiant

 

 
La ventilation à pression zéro utilise deux ventilateurs pour l'entrée et la sortie de l'air. Ce concept peut aussi bien être utilisé dans des bâtiments ouverts que ...
La ventilation à pression zéro utilise deux ventilateurs pour l'entrée et la sortie de l'air. Ce concept peut aussi bien être utilisé dans des bâtiments ouverts que fermés. © Ifip

En période froide, le concept de ventilation à zéro pression permet de réaliser un recyclage de l’air ambiant dans la salle. Cela est particulièrement utile en hiver, lorsqu’il faut éviter de faire retomber l’air entrant au contact des porcs tout en maintenant une veine d’air suffisamment puissante vers le haut pour qu’elle se diffuse correctement dans la salle. Ce concept fut initialement conçu pour les bâtiments volailles mais il est bien adapté aux bâtiments porcins. Les constructeurs ont développé deux types de ventilation à pression zéro. Première option, un ventilateur est positionné sous le dispositif d’entrée d’air. Il aspire l’air de la salle afin de le souffler sur l’assiette de diffusion. Deuxième option, le ventilateur peut se désolidariser du cylindre connecté à la toiture. Il vient alors aspirer l’air chaud présent au contact de la charpente du bâtiment et le souffle sur l’assiette de diffusion. Concernant le dispositif d’extraction, il s’agit de ventilateurs classiques qui peuvent être équipés de trappes pour éviter la retombée d’air froid dans la salle lors des phases de recyclage. Pour le dimensionnement de l’installation, il n’existe pas beaucoup de diamètres différents pour le dispositif de soufflerie. Par conséquent, il est souvent nécessaire de brider électriquement la puissance du ventilateur pour éviter un surdimensionnement du renouvellement d’air dans la salle.

Rédaction Réussir

Les plus lus

<em class="placeholder">Séverine et Benoît Le Page, accompagnés à gauche de Rémi Berthevas, Porélia  : « Le bâtiment doit se payer tout seul grâce à l’amélioration de l’indice de ...</em>
« Nous maîtrisons notre revenu en étant plus autonomes sur notre élevage de porcs»

L’élevage de 165 truies de Benoît et Séverine Le Page a connu une croissance continue de ses performances techniques et…

<em class="placeholder">Guillaume Degoulet, SCEA des Sables (à gauche) et Sylvain Jouy, Agrial : &quot; Le Label rouge Opale m&#039;a permis de financer un nouvel engraissement lors de mon installation. &quot;</em>
« La montée en gamme m'a aidé à financer mon bâtiment de porc en engraissement »

Avec le Label rouge Opale, Guillaume Degoulet a orienté la production porcine de son exploitation vers une montée en gamme…

<em class="placeholder">La méthanisation passive est une solution rentable pour couvrir sa fosse à lisier, à condition de tenir compte de certaines contraintes techniques et économiques</em>
La méthanisation passive du lisier de porc, une solution rentable

D’après les suivis réalisés par la Chambre d’agriculture de Bretagne, la méthanisation passive du lisier de porc peut…

<em class="placeholder">Fabien Sabourin : « Le gain technico-économique global est estimé à 175 000 euros annuels, soit 23,30 euros par porc produit. »</em>
"J'ai investi dans un nouveau bâtiment de porc en engraissement pour une meilleure rentabilité"

La Scea Le Mignon se dote d’un nouvel engraissement de 2 556 places. Moderne et innovant, l’installation doit permettre…

<em class="placeholder">Florence Guého et Jérémy Mainguy, SARL de la ville Corvec : « La gestion des performances bande par bande nous permet d&#039;être hyper réactifs. »</em>
« Avec le suivi à la bande, nous chiffrons l’impact de nouvelles stratégies de notre atelier porc»
À la SARL de la Ville Corvec, le suivi à la bande proposé par Nutrifirm a permis aux éleveurs d’améliorer leurs performances…
<em class="placeholder">Valérie Courboulay, Ifip-Institut du porc</em>
Propositions de l'EFSA : le coût du bien-être animal estimé à 10 milliards d'euros pour la filière porcine 

Une étude de l’Ifip chiffre à plus de dix milliards d’euros pour la filière porcine française le coût des principales mesures…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)