Partout dans le monde, l’élevage ovin lutte contre le changement climatique
En améliorant la productivité des ruminants, en développant une meilleure alimentation animale ou en recyclant davantage les fumiers, les filières animales du monde entier participent à la réduction des gaz à effet de serre.
Alors que la conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP21) se tenait du 30 novembre au 11 décembre à Paris, l’Office international de la viande rappelait lors d’une conférence de presse les efforts déployés dans le monde par les filières d’élevage pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre. Sept témoins (Brésil, Nouvelle-Zélande, États-Unis, Belgique, Angleterre, Canada et France) sont venus témoigner des efforts effectués dans leur pays pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre par l’élevage. « Nous avons besoin d’améliorer notre image et nous en sommes parfaitement conscients », a expliqué Guillaume Roué, président de l’OIV. « Nous sommes tous concurrents mais cela ne nous empêche pas de travailler ensemble autour de la santé, de l’environnement et du bien-être animal », a-t-il expliqué.
Des exemples d’efforts en France, en Australie et en Nouvelle-Zélande
En France, les agriculteurs ont déjà réduit leur empreinte climatique de 14 % depuis 1990. Le secteur de l’élevage s’est aussi engagé en faveur de réduction d’émission de carbone de la filière laitière avec les plans Life Carbon Dairy depuis 2013 et Beef Carbon en 2015. Ces projets impliquent 6 000 éleveurs en France qui vont tester l’outil de diagnostic Cap2er. En diffusant et encourageant les pratiques agricoles, l’objectif est de réduire de 15 à 20 % l’empreinte carbone au cours des dix prochaines années.
En Australie où les bœufs et moutons occupent près de la moitié du territoire, les chercheurs étudient les bactéries digestives des ruminants pour réduire les émissions de méthane dans le cadre du programme « Target 100 ».
En Nouvelle-Zélande, les éleveurs bovins et ovins comptent sur les gains de productivité pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Déjà, leurs émissions ont diminué de 14 % entre 1990 et 2008 selon Beef & Lamb New Zealand, soit une baisse de 3,12 millions de tonnes d’équivalent carbone par an, alors que la production totale de viande et de laine augmentait de 15 %. Ainsi, par rapport à 1990, les fermes ovines néo-zélandaises ont produit légèrement plus de viande d’agneau alors que cheptel de brebis s’est réduit de 43 %. Par le biais du Pastoral Greenhouse Gas Research Consortium, les agronomes néo-zélandais cherchent encore à réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant des animaux de pâturage en améliorant l’efficience de la conversion alimentaire, la productivité animale et la gestion de l’azote.