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Emballage
Une filière polystyrène recyclé se met en place

Les acteurs du recyclage du polystyrène échangent entre eux pour monter une filière française permettant une réintroduction du matériau recyclé sur le marché de l’emballage alimentaire par voie mécanique ou chimique. Explications du Syndifrais.

Muriel Casé, déléguée générale de Syndifrais. © DR
Muriel Casé, déléguée générale de Syndifrais.
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La filière recyclage du polystyrène se met progressivement en place en France, afin de répondre aux objectifs de 2025, puis de 2040 de la loi contre le gaspillage et pour l’économie circulaire. Le polystyrène est un matériau très présent dans les emballages alimentaires en France, notamment dans les pots de yaourt, pots de crème, boîtes d’œufs ou encore l’emballage du poisson. Le souci : une faible valeur ajoutée du polystyrène recyclé, car il ne peut pas être remis sur le circuit de l’emballage alimentaire, étant plutôt transformé en ceintres, pots de fleurs ou fournitures de bureaux. « Avec l’extension des consignes de tri à l’horizon 2023, les volumes des matériaux plastiques vont considérablement augmenter. Il faut trouver de nouveaux débouchés, en plus de l’incinération et de l’enfouissement », précise Muriel Casé, déléguée générale de Syndifrais.

L’organisme a communiqué récemment sur l’avancée des projets de la filière naissante. « Nous devrons accompagner les entreprises spécialisées dans le recyclage dans l’établissement de nouvelles méthodes. Cela représentera pour eux des investissements colossaux, pouvant s’établir jusqu’à près de 3 millions d’euros par ligne de production », ajoute-t-elle. Aujourd’hui, la France et l’Espagne sont les deux pays les plus actifs dans la recherche de recyclage du polystyrène, « car ce sont les nations qui ont le plus recours au polystyrène dans les emballages. Elles utilisent la technologie FFS qui permet d’utiliser peu de matière avec des cadences de fabrication très rapides », explique Muriel Casé.

Les volumes vont augmenter d’ici à 2023

Le polystyrène peut être recyclé via deux voies : le processus mécanique, majoritairement utilisé actuellement, ou le processus chimique. De nombreux instituts spécialisés travaillent sur des pistes pour permettre une réintroduction du polystyrène recyclé sur le marché des emballages alimentaires via la voie mécanique. « L’objectif est que d’ici à fin 2020 ou au début 2021, on puisse dire si un tel process est possible ou non », souligne Muriel Casé. La voie chimique permet, quant à elle, de casser les polymères qui composent le polystyrène pour obtenir une « matière vierge », note-t-elle, et la réorienter vers tout type de filière.

À noter que la crise sanitaire a perturbé tous les calendriers des différents projets de R & D, mais les essais ont pu reprendre il y a quelques semaines. Les échanges entre les différents acteurs sont restés actifs pendant le confinement, permettant d’établir de nouveaux rapprochements.

Bâtir une industrie en France

« Il y a beaucoup de projets qui se développent en France. Nous souhaitons bâtir une industrie en France pour permettre une proximité entre tous les opérateurs de la filière », confie Muriel Casé. Lorsque les essais en laboratoire seront validés, les instituts étudieront la viabilité des processus utilisés pour ensuite passer à l’échelle industrielle. « Il y a besoin d’un soutien financier pour monter cette filière en dehors des appels à projets. Citéo amène un appui important, mais il est indispensable que les pouvoirs publics soutiennent également cette industrie naissante », souligne Muriel Casé.

Projet d’usine de recyclage chimique en France

En France, Trinseo, Ineos et Agilyx portent le projet de construction d’une usine dans le nord de la France de recyclage chimique de polystyrène, par procédé de pyrolyse contrôlée permettant la dépolymérisation, puis la distillation pour l’obtention de styrène purifié. Le site serait capable de traiter un volume de déchets de 15 000 tonnes à l’année. Le projet a été transmis aux ministères chargés de l’Environnement et de la Recherche, SGPI, Ademe et Bpifrance.

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