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Avis
Recommandations en faveur de la bientraitance en abattoir

À l’unanimité, le Comité national d’éthique des abattoirs, instance spécifique du Comité national de l’alimentation, a adopté un avis comprenant 53 recommandations visant à améliorer de la bientraitance animale en abattoir. Explications.

Jean-Luc Angot a présidé les travaux de concertation durant quinze mois.
© DR

Le Comité national de l’alimentation (CNA) a adopté en janvier 2019 à l’unanimité un avis comprenant des recommandations à destination des acteurs publics et privés intervenant dans les abattoirs. Au nombre de 53, ces recommandations ont été élaborées par son Comité national d’éthique des abattoirs (Cneab) à la suite d’une saisine de juillet 2017 et quinze mois de travaux de concertation présidés par Jean-Luc Angot. Une concertation qui avait été mise en place après la diffusion d’images choquantes dans les médias. Au sein de son avis, le comité spécifique de l’instance consultative indépendante, où sont représentés les consommateurs et défenseurs des animaux, place au cœur de « 5 ambitions partagées » l’amélioration de la bientraitance animale en abattoir.

Renforcer les bonnes pratiques

Pour ce faire, il recommande le renforcement des bonnes pratiques (via la validation et la diffusion des guides de bonnes pratiques ou la mise en place de grilles d’évaluation de la bientraitance animale), mais aussi prône d’augmenter les effectifs des services vétérinaires, « notamment dans les petits abattoirs ». « À moyens constants de l’État, ces recrutements doivent être financés par la redevance sanitaire d’abattage. Ceci permettrait de renforcer la présence des contrôleurs vétérinaires en ante-mortem », précise le Cneab dans son avis.

Le Cneab propose par ailleurs de mieux valoriser les métiers dans les abattoirs et de reconnaître les qualifications professionnelles, « notamment via un renforcement du contenu des formations initiales et continues » ou encore de constituer une base de données des abattoirs d’ici à fin 2019 afin notamment d’optimiser leur répartition sur le territoire national par un meilleur ciblage de l’investissement public.

Assurer une meilleure information du consommateur

L’avis recommande aussi « d’assurer une meilleure information du consommateur sur le bien-être des animaux d’élevage, intégrant la bientraitance à l’abattoir ». Une tâche qu’il se propose d’effectuer. « Cette information pourrait prendre la forme d’un étiquetage sur le produit, précise le Cneab, il sera nécessaire de mettre en place une étude sur les bénéfices attendus ainsi que sur les impacts d’un tel étiquetage ». Mais ce sujet « étant complexe », le comité prévient qu’il doit continuer sa concertation pour aboutir à une proposition de solution opérationnelle sur la base d’indicateurs à définir par le Centre national de recherche sur le bien-être animal.

Enfin, l’avis recommande de développer une approche transversale de la recherche sur les abattoirs.

17 000 personnes formées à fin 2018

Au 31 décembre 2018, 17 000 personnes ont été formées à la protection et à la bientraitance animale dont 14 000 opérateurs et 2 200 responsables protection animale à l’abattoir (RPA), a précisé Stéphanie Le Boulch, chargée du dossier protection animale à Culture Viande, le 14 mars lors du 3e rassemblement des RPA de Culture Viande qui a réuni 110 personnes à Paris. L’occasion de faire le point sur la récente sortie du guide d’audit protection animale pour les bovins, finalisé par les fédérations d’abattage sous l’égide d’Interbev et validé par des ONG. Élisabeth Descamps de FranceAgriMer a par ailleurs témoigné de la montée des exigences concernant la protection animale pour l’exportation des viandes, la question de la bientraitance animale à l’abattoir étant de plus en plus présente dans les processus d’exportation et notamment au cours des audits d’abattoirs, lors des missions pays tiers.

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