Parmalat, scandale à l’italienne ? Pas seulement
L’affaire Parmalat a des implications en France, où le groupe achetait environ 100 millions de litres de lait par an, soit 0,5 % de la collecte nationale. Des producteurs laitiers de l’Est, du Sud-Ouest et du centre, ainsi qu’une dizaine d’entreprises françaises sont les victimes de la faillite plus ou moins frauduleuse (la justice l’établira) du groupe italien. On sait qu’Hervé Gaymard a demandé à Giovanni Alessandro que les producteurs français concernés bénéficient des mesures de sauvegarde prises par le gouvernement italien pour ses propres producteurs. Du côté allemand aussi, l’affaire fait des vagues. En effet, on s’est aperçu que la Deutsche Bank était fortement impliquée. Bien que la banque allemande soit avare d’information, on croit savoir qu’au 19 décembre, quand le scandale a vraiment éclaté, la DB possédait 5,17 % des actions de Parmalat, dont 4,34 % en prêts. Bien mieux : la Deutsche Bank aurait, le 15 septembre dernier, consenti un nouveau prêt sur 7 ans à Parmalat, d’un montant de 350 mio _. Enfin la DB, qui paraît décidément bien peu sourcilleuse, se serait portée récemment candidate à un mandat de restructuration du groupe ! Mais on n’est plus à un étonnement près : on relève ainsi dans la liste des inculpations celles de deux grandes sociétés de révision des comptes, Grant Thornton et Deloitte & Touche. Et pourtant, il ne manque pas de bons, d’excellents experts agricoles dans ces deux prestigieux cabinets…