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OGM : « l’UE ne pourra pas tenir de position intermédiaire»

Dans le cadre de la nouvelle réglementation européenne sur les OGM qui sera adoptée en avril, entre vingt et trente produits à base d’OGM devraient solliciter une autorisation à la commercialisation sur le marché européen. Guy Van Den Eede, directeur du laboratoire de référence de la Commission européenne pour le contrôle des produits à base d’OGM au Centre commun de recherche d’Ispra (Italie), évoque les perspectives pour ce marché.

Les Marchés : Quel est le potentiel de commercialisation des OGM en Europe ?

Guy Van Den Eede : 14 plantes transgéniques avaient reçu une autorisation d’importation en Europe avant juin 1999, date de l’entrée en vigueur du moratoire de facto. Aucune autre autorisation n’a été délivrée depuis, mais les évaluations ont repris le 28 janvier pour deux dossiers de maïs transgéniques : le Bt 11 de Syngenta et le NK603 de Monsanto. Et 17 autres demandes d’autorisation ont d’ores et déjà été déposées. Nous estimons au total pour l’année 2004 le nombre de demandes entre 20 et 30. Ces 20 ou 30 OGM seront selon toute vraisemblance des produits déjà connus, principalement à base de maïs, colza et soja transgéniques. Il faut préciser toutefois qu’un nombre accru d’OGM croisés devrait se présenter. Or ces produits, même s’ils sont composés de deux ou plusieurs variétés transgéniques déjà validées, devront faire l’objet d’une autorisation spécifique.

Les Marchés : Quels sont les délais pour l’obtention d’une autorisation ?

Guy Van Den Eede : Le délai pour effectuer les tests de contrôle, c’est-à-dire à la fois de détection et de quantification des OGM, est de six mois et il est pour le moment incompressible. En l’état actuel de nos moyens techniques, nous pouvons analyser simultanément jusqu’à dix échantillons, qui transitent chaque fois par quinze des laboratoires officiels de l’union européenne. En parallèle, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (efsa) analyse le produit pour déceler d’éventuels risques pour la santé. C’est seulement à l’issue de ce double-contrôle qu’est déterminée la recevabilité ou non du produit candidat. Mon sentiment est que l’UE ne pourra pas adopter de position intermédiaire : on se dirige soit vers une interdiction sans nuance de tout produit contenant des éléments génétiquement modifiés, soit vers une ouverture très large du marché européen.

Les Marchés : Si le marché européen leur est ouvert, d’où proviendront les OGM importés ?

Guy Van Den Eede : Les Quinze ont bien entendu tenté d’éviter au maximum les pays autorisant la culture d’OGM. Parmi ceux qui sont encore des fournisseurs de premier plan et développent par ailleurs des cultures OGM, on trouve principalement les Etats-Unis et l’Argentine. Le soja, qui réalise les plus gros volumes dans les importations des Quinze avec près de 30 millions de tonnes, est principalement fourni par les Etats-Unis, qui disposent de 1,5 million d’hectares cultivés en soja transgénique, et par l’Argentine qui compte pour sa part 2,5 millions d’hectares de soja OGM. L’Argentine est en outre le principal importateur en Europe de maïs, secteur dans lequel elle cultive de vastes surfaces en OGM. Pour ce qui est du colza, il était traditionnellement importé du Canada, mais depuis 1998 il a été remplacé par du colza polonais afin d’éviter le colza tolérant aux herbicides des Canadiens.

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