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Pays
Maroc : de belles occasions pour les IAA

En plein essor, le marché agroalimentaire marocain est très demandeur dans le but de satisfaire la classe moyenne émergente du pays. Des occasions sont à saisir.

De gauche à droite : Jocelyn Merot, Pascale Thieffry, Daniel Laborde, Hassan Sefrioui et Pauline Furgé.
© Business France

Susceptible de basculer dans la catégorie des pays émergents d’ici à 2025, le Maroc connaît un fort développement de son marché agroalimentaire. De nombreuses entreprises européennes l’ont compris et y ont investi dans le cadre d’une « volonté d’accompagner le Maroc vers son développement, mais pas au détriment de nos propres filières », affirme Daniel Laborde lors de la présentation d’une étude de Business France le 24 janvier.

Les entreprises françaises, qui éprouvent quelques difficultés à s’exporter, ont réussi à investir une part importante du marché marocain, en devenant le premier approvisionneur du pays en produits agroalimentaires (12 %). La France est le premier fournisseur de plats préparés divers, d’animaux vivants et de produits de boulangerie.

Une classe moyenne de 10 millions de consommateurs

En 2017, la classe moyenne marocaine comptait 10 millions d’habitants (sur 34 millions d’habitants au total), se développant simultanément à la distribution moderne, dont le chiffre d’affaires s’est élevé à 2,5 milliards d'euros en 2016 malgré un faible nombre de GMS, selon Business France.

Preuve de l’occidentalisation des modes de consommation : le distributeur Marjane Holding a connu une sérieuse perte de clientèle après son interdiction de vendre de l’alcool. En moyenne, un marocain consomme 1 litre de vin par an. Les burgers et les foies gras halal font leur apparition sur le marché agroalimentaire. Les produits bios sont de plus en plus présents dans les GMS, même si seule 10 % de la population a les moyens de s’en acheter. Cependant, le marché marocain reste un marché de prix.

« Même si le consommateur s’occidentalise et que les produits sains sont de plus en plus présents, le prix reste le principal critère d’achat chez les consommateurs. Malgré l’occidentalisation, il y a un maintien des consommations traditionnelles marocaines, comme le couscous et le tajine, qui arrivent en GMS sous forme de produits tout préparés. Le but pour le consommateur est de passer moins de temps en cuisine », souligne Hassan Sefrioui, directeur de Sopexa Afrique.

Des handicaps à surmonter

Si le Maroc possède de gros atouts tels que le développement d’infrastructures de tous types, le tout dans un cadre sécurisant et stable sur les plans politique et social, il reste confronté à de sérieux handicaps tels que le manque de formation et de gestion des ressources humaines et la présence d’une économie parallèle. Le pays pose également des contentieux à l'étranger (3e pays en contentieux selon l’OMC derrière la Chine et la Turquie).

Les entreprises européennes ont pour volonté d’accompagner le Maroc dans la formation de son personnel et l’acquisition d’expertise. Plusieurs éléments sont à moderniser, dont sa machinerie agricole et sa flotte de pêche.

Depuis quelques années, le Maroc regarde vers le sud de l’Afrique. Le pays « est parfaitement situé en termes de géographie et de niveau de développement pour jouer un rôle d’intermédiaire entre les pays développés et l’Afrique subsaharienne, pour qui il peut être un bon moteur », conclut Daniel Laborde.

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