Aller au contenu principal

Concurrence
L’outre-mer pénalisé par une taxe spécifique

Selon l’Autorité de la concurrence, le dispositif de l’octroi de mer doit être simplifié pour améliorer la concurrence dans les départements d’outre-mer et limiter les écarts de prix avec la métropole.

Les " frais d’approche " représentent 16 % du coût d’un produit pour un distributeur.
© DR

À la suite de la saisine du gouvernement sur le fonctionnement de la concurrence en matière d’importations et de distribution des produits de grande consommation dans les départements d’outre-mer (DOM), l’Autorité de la concurrence a rendu ses conclusions le 4 juillet. Elle formule une vingtaine de recommandations visant à renforcer l’animation concurrentielle dans le secteur de la distribution dans les départements d’outre-mer et notamment pour les produits alimentaires. C’est dans ce secteur que les écarts de prix avec la métropole sont le plus importants et s’étalent en moyenne de 19 % à Mayotte à 38 % en Martinique.

Ce résultat n’est pas dû aux marges importantes d’un seul maillon de la chaîne de distribution, mais plutôt à « l’accumulation des marges des acteurs de toute la chaîne des produits de grande consommation ». L’Autorité de la concurrence pointe du doigt les « frais d’approche pour les produits importés », qui représentent 16 % du coût d’un produit pour un distributeur. Dans ces frais composés du transport maritime, des taxes diverses et des coûts liés au recours à différents prestataires, l’octroi de mer a attiré particulièrement l’attention de l’Autorité.

Dans les 16 % du coût, 7 % sont liés à cette taxe, fixée par les collectivités territoriales d’outre-mer et prélevée sur les marchandises importées et produites dans les Dom. Si cette taxe avait été mise en place pour protéger ou favoriser la production locale, « l’octroi de mer est désormais une ressource significative pour les collectivités territoriales et s’est parfois éloigné de l’objectif initial, par exemple lorsqu’il s’applique à des produits qui ne font pas l’objet de production locale ».

Simplifier et rendre cohérent l’octroi de mer

Les taux moyens d’octroi de mer peuvent être très différents d’un territoire à l’autre. Selon les données récupérées par l’Autorité, le taux moyen serait par exemple trois plus élevé en Guyane par rapport au taux moyen réunionnais (15 % en Guyane, 7 % en Guadeloupe et en Martinique et 4 % à La Réunion). Ce dispositif doit faire l’objet d’un renouvellement avant fin 2020 par les autorités française et européenne. C’est à cet égard que l’Autorité estime « utile que les pouvoirs publics réfléchissent à simplifier et rendre cohérente entre territoires géographiquement proches la grille des taux d’octroi de mer ».

Elle propose également d’exonérer les produits pour lesquels il n’existe pas d’équivalent dans la production locale. Enfin, elle invite à prendre en compte les intérêts des entreprises locales qui achètent pour leur activité des produits frappés par cette taxe sans pouvoir bénéficier d’exonération.

Faible compétitivité de la production locale

Représentant un quart des approvisionnements de la grande distribution, la production locale reste peu compétitive par rapport aux produits importés, et ce, malgré les coûts d’approche et de la fiscalité spécifique à l’outre-mer (aides publiques et octroi de mer). Si certaines filières sont exportatrices, comme celles de la banane, du sucre et du rhum, elles ne suffisent pas à rétablir une balance commerciale largement déficitaire, insiste l’Autorité de la concurrence. Cette situation s’explique principalement par l’étroitesse des marchés en outre-mer et le nombre élevé d’exploitations, qui empêchent les producteurs locaux de réaliser des économies d’échelle. L’Autorité recommande ainsi de poursuivre la structuration des filières et d’encourager la différenciation des produits locaux grâce à des labels de qualité.

Les plus lus

usine
Canicule : « on constate des mortalités de +1000 % sur la volaille, +200 % en porc, +45 % en bovins » en Normandie et Pays-de-la-Loire

La vague de chaleur qui frappe la France a des conséquences sévères sur la mortalité en élevage, notamment en volaille. Gilles…

camion bétailler au port
Bovins vivants : « explosion des exportations de l’Amérique du Sud vers la Méditerranée »

Les échanges mondiaux de bovins vivants sont dynamiques, mais se sont nettement reconfigurés ces dernières années. Ce aux…

Œufs : la forte mortalité en poules pondeuses inquiète les opérateurs

L’évolution des prix des œufs français, au 25 juin 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie chaque semaine la…

viande en usine
Viande bovine : les marges brutes de l’abattage découpe ont fondu en 2025

Les données de l’Observatoire des prix et des marges indiquent un niveau de marge brute historiquement bas pour l’abattage-…

poules dehors en élevage
Canicule : 500 à 700 000 poules pondeuses perdues, des conséquences à moyen terme en œufs 

Les premières estimations du CNPO sont à une perte de 1 à 1,5 % du cheptel. Tous les modes d’élevage ont été touchés. Les…

Poulailler Label Rouge d’un éleveur de poulets « Les fermes de Janzé »
Volaille : « nous sommes prêts à accueillir une hausse de 25 % de la production »

Abattoirs, coopératives, l’ensemble des acteurs de la filière sont prêts à augmenter en capacité de production pour répondre à…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio